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Kenya : des militants réclament la libération de l’opposant ougandais Kizza Besigye

Le leader de l'opposition ougandaise, Kizza Besigye, comparaît le 20 novembre 2024 devant le tribunal militaire de Makindye, à Kampala, en Ouganda.   -  
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Kenya

À Nairobi, des militants ont élevé la voix jeudi pour réclamer la libération de l'opposant ougandais Kizza Besigye, dont l'état de santé suscite de vives inquiétudes après son effondrement, mercredi, lors d'une audience à Kampala.

La mobilisation dans la capitale kényane intervient alors que l'ancien candidat à la présidentielle est hospitalisé en soins intensifs et que ses soutiens dénoncent une procédure judiciaire qu'ils jugent entachée d'irrégularités.

Les manifestants ont demandé aux autorités ougandaises d'accorder à Kizza Besigye une libération immédiate pour raisons humanitaires afin qu'il puisse bénéficier de soins médicaux spécialisés.

Selon la militante Mwanasiti Athman, qui cite un témoin et un rapport médical, l'opposant présenterait notamment des signes de grave détérioration de son état de santé, avec les yeux jaunis, des difficultés respiratoires et une importante gêne pour reprendre son souffle. Il serait pris en charge dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital national de référence de Mulago, à Kampala, sous surveillance militaire.

La situation de l'opposant est suivie avec une particulière attention au Kenya, où il avait été arrêté en novembre 2024 avant d'être transféré en Ouganda. Besigye avait alors disparu à Nairobi, où il se trouvait dans le cadre d'un déplacement privé. Son entourage avait dénoncé un enlèvement et évoqué une implication des autorités kényanes et ougandaises, tandis que Nairobi avait nié toute participation. Il avait ensuite été présenté devant une juridiction militaire à Kampala avant que son dossier ne soit transféré devant une juridiction civile.

C'est donc à Nairobi, lieu de son arrestation controversée et point de départ de son transfert vers l'Ouganda, que des militants ont choisi de se mobiliser à nouveau. Ils ont également appelé à la libération d'Erias Lukwago, avocat de Besigye et dirigeant du People's Front for Freedom, détenu à la prison de Luzira dans le cadre d'accusations liées à l'affaire. Selon Mwanasiti Athman, son état de santé serait lui aussi critique et les autorités lui refuseraient une évacuation médicale urgente vers l'Inde, malgré les alertes lancées par des médecins.

"Le maintien en détention du Dr Besigye ne peut donc pas être considéré comme un fait isolé", a déclaré le militant Mark Amiani. Il a dénoncé le transfert de l'opposant hors du Kenya, sa détention prolongée, la dégradation de son état de santé et la poursuite des procédures judiciaires malgré les contestations visant les éléments de preuve avancés par l'État. À ses yeux, ces faits témoigneraient d'une offensive plus large contre les garanties d'une procédure régulière, l'indépendance de la justice et l'État de droit.

La mobilisation intervient au lendemain de l'effondrement de Besigye dans le box des accusés, alors qu'il protestait contre la tenue de son procès sans les avocats de son choix. Son épouse, Winnie Byanyima, directrice exécutive de l'ONUSIDA, a affirmé qu'il était inconscient dans une unité de soins intensifs à Kampala et qu'il avait crié qu'il était blessé avant de s'effondrer. Une proche, Ingrid Turinawe, a de son côté déclaré que des personnes de son entourage n'avaient pas été autorisées à lui rendre visite à l'hôpital. Son médecin personnel aurait toutefois pu l'examiner plusieurs heures après son admission.

À Nairobi, les militants ont ainsi fait de la situation de Besigye un nouveau sujet de préoccupation pour la défense des droits humains et de l'État de droit en Afrique de l'Est. L'affaire revêt une dimension particulière au Kenya, où l'arrestation de l'opposant en 2024 avait déjà suscité des accusations de répression transfrontalière. Des organisations de défense des droits humains avaient alors dénoncé le transfert de Besigye vers l'Ouganda et demandé des explications aux autorités kényanes.

Sur le fond, Kizza Besigye fait face en Ouganda à des accusations de trahison, une infraction passible de la peine de mort. Les procureurs affirment vouloir établir qu'il aurait participé, avec d'autres personnes, à un complot visant à renverser le gouvernement. Son parti rejette ces accusations, qu'il considère comme politiquement motivées.

Ancien allié de Yoweri Museveni, dont il fut notamment le médecin personnel et un assistant militaire, Besigye est devenu l'un des principaux opposants au président ougandais. Il s'est présenté à plusieurs reprises contre lui à la présidentielle, avant de dénoncer la dérive autoritaire du régime et de mettre en cause la crédibilité des élections.

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