Kenya
Les lions d'Afrique subissent la pression liée à la réduction de leur habitat, à l'expansion des aires urbaines et aux conflits avec les populations vivant à proximité des zones sauvages.
Sur le continent africain, les populations de lions ont diminué de 43 % au cours des deux dernières décennies, selon l'Africa Wildlife Foundation.
Au Kenya, la population est désormais estimée entre 2 500 et 2 600 individus. À l'occasion de la Journée mondiale du lion le 10 août, des scientifiques kenyans sonnent l'alarme.
"Les populations de lions du Kenya [...] sont confrontées à une menace majeure pour leur conservation et leur bien-être futur : la perte et la fragmentation de leur habitat", selon Philip Muruthi, vice-président de l'Africa Wildlife Foundation. "Les conflits avec les populations humaines constituent aussi un problème majeur."
Au Kenya, les lions incarnent la richesse de la faune sauvage mais aussi un défi majeur en matière de conservation. Si les félins attirent beaucoup de touristes et de photographes, leur présence n'est pas toujours du goût des éleveurs locaux, qui craignent pour leur bétail.
Des recherches menées dans la réserve nationale du Masai Mara ont montré que les lions évitaient les zones fréquentées par le bétail, même après le départ des animaux.
En plus de réduire l'espace dont les fauves disposent, cela les pousse à s'approcher davantage des habitations et des troupeaux.
"L’augmentation de la population humaine et du cheptel dans ces régions a conduit de manière drastique les lions et autres prédateurs à s’attaquer au bétail", explique David Mascall, défenseur de l'environnement et expert de la protection des lions.
Empoisonnements
"L’un des moyens d’y mettre fin consiste à utiliser un poison appelé Furadan, qui, à l’origine, faisait partie d’un pesticide", poursuit-il.
Plus tôt cette année, six lions et des dizaines de vautours ont été empoisonnés dans la région kenyane d'Amboseli, un site mondialement connu pour sa faune sauvage. Plus qu'une simple considération écologique, la protection des lions est aussi une question sociale.
Les défenseurs de l'environnement affirment que le recours à l'empoisonnement est plus probable lorsque les populations estiment que la faune sauvage leur occasionne des coûts sans leur apporter suffisamment d'avantages.
"Comment transformer la faune sauvage en atout ? Nous avons en partie répondu à cette question grâce à des initiatives de conservation, à la création d’emplois et à la réduction du coût de la cohabitation avec la faune sauvage. C’est comme ça que les gens peuvent commencer à considérer que c’est un atout, et pas toujours une perte pour eux", souligne Philip Muruthi.
Au Kenya, les empoisonnements ne touchent pas seulement les lions. Selon une enquête du Kenya Wildlife Service, la mort suspecte de 15 éléphants dans le parc national d'Amboseli ces dernières semaines pourrait avoir été causée par un empoisonnement au cyanure, utilisé dans les pesticides.
Les responsables des 160 zones protégées du Kenya ont à cœur de préserver les grands fauves tout en soutenant les économies locales.
Pour les scientifiques, l'éducation joue un rôle central pour maintenir l'harmonie entre les populations et la faune sauvage.
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