Iran
L’emprise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz étouffe l’approvisionnement énergétique mondial et inflige des souffrances économiques à l’échelle internationale, mais les répercussions de la guerre contre les États-Unis et Israël mettent aussi l’économie iranienne sous pression.
Les frappes américaines et israéliennes ont touché des industries et des infrastructures clés, entraînant des pertes d'emploi massives et des fermetures d'entreprises.
En plein blocus américain de ses ports, l’Iran fait aussi face à une inflation record. À cela s’ajoutent des pénuries de médicaments, et les coupures d’internet imposées par le régime.
Pour la population, la vie quotidienne devient de plus en plus difficile.
"Beaucoup de choses dont nous avons besoin à la maison, nous les avons tout simplement rayées de notre liste," déclare Mohammad Deljoo, chauffeur de taxi de 73 ans.
Il explique se contenter de produits de base, comme le pain et les pommes de terre, alors que "même les œufs sont devenus trop chers."
"Le coût économique de la guerre et du blocus naval américain a été très lourd et sans précédent pour l’Iran," analyse Hadi Kahalzadeh, économiste iranien et chercheur à l’université Brandeis.
Mais l’Iran a résisté à des décennies de pressions économiques et de sanctions, et sa capacité d’adaptation n’a pas été anéantie, ajoute M. Kahalzadeh.
Coût répercuté sur la population iranienne
"L’Iran pourra probablement éviter un effondrement économique complet ou une pénurie totale de biens essentiels, mais à un coût très élevé," poursuit-il.
"Le coût principal sera répercuté sur les Iraniens ordinaires sous la forme d’une inflation plus forte, d’une pauvreté accrue, de services moins performants et d’une vie quotidienne bien plus difficile."
Selon le centre officiel des statistiques iranien, l'inflation annuelle s'élevait à 53,7 % mi-avril, tandis que l’inflation alimentaire dépassait les 115 % par rapport à la même période l’année dernière.
Par ailleurs, le rial iranien a perdu plus de la moitié de sa valeur au cours de l’année écoulée, tombant à un niveau historiquement bas de 1,9 million pour un dollar à la fin du mois dernier.
Les difficultés économiques ont contribué à alimenter les manifestations massives qui se sont propagées à travers le pays en janvier.
Face à la vague de pertes d’emploi, de nombreux Iraniens se démènent pour trouver de nouveaux moyens de gagner leur vie, souvent avec difficulté.
C'est le cas d'Ali Asghar Nahardani, 32 ans, désormais employé d’une application de livraison. Le jeune homme travaille sans relâche dans l'espoir de subvenir a ses besoins mais n'a toujours pas reçu de salaire.
"On vit simplement au jour le jour, en essayant de tenir le coup dans cette situation, en attendant que les conditions de guerre prennent fin," déclare-t-il.
Selon un rapport de l'agence des Nations Unies pour le développement publié fin mars, l’actuelle guerre au Moyen-Orient risque de faire basculer plusieurs millions d'Iraniens sous le seuil de pauvreté.
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