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Conflit au Moyen-Orient : Trump rejette la contre-proposition de Téhéran

Illustration de la vie quotidienne en Iran après l'échec de la proposition américaine de cessez-le-feu(AP Photo/Vahid Salemi)   -  
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Etats-Unis

Le président américain Donald Trump a qualifié les conditions proposées par l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient de "totalement inacceptables", laissant entrevoir la possibilité d'un nouveau conflit et provoquant une forte hausse des cours du pétrole lundi matin sur les marchés asiatiques.

Dimanche, l'Iran avait répondu à la dernière proposition de paix de Washington et averti qu'il n'hésiterait pas à riposter à toute nouvelle frappe américaine ni à autoriser la présence de nouveaux navires de guerre étrangers dans le détroit d'Ormuz.

Trump a clairement indiqué dans un message publié sur sa plateforme Truth Social qu’il rejeterait la contre-proposition de Téhéran, bien qu’il n’ait pas donné de détails sur son contenu.

"Je viens de lire la réponse des soi-disant “représentants” de l’Iran. Je ne l’aime pas — TOTALEMENT INACCEPTABLE !", a déclaré Trump.

Cette impasse a déstabilisé les marchés mondiaux de l’énergie, le prix de référence international du Brent ayant augmenté de 4,65 % pour atteindre 99,95 dollars le baril lors des échanges de lundi matin en Asie.

Le contrat de référence américain sur le pétrole West Texas Intermediate (WTI) a également bondi d’un peu plus de 4 % pour atteindre 105,5 dollars le baril, les investisseurs se préparant à de nouvelles perturbations de l’approvisionnement via le détroit, où Téhéran a imposé un blocus partiel.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu – dont les forces ont lancé la guerre contre l’Iran aux côtés des États-Unis le 28 février – a également insisté sur le fait que le conflit ne prendrait pas fin tant que les installations nucléaires iraniennes n’auraient pas été démantelées.

"Ce n’est pas fini, car il reste encore des matières nucléaires – de l’uranium enrichi – qui doivent être retirées d’Iran. Il reste encore des sites d’enrichissement qui doivent être démantelés", a déclaré Netanyahu à l’émission "60 Minutes" de CBS.

Téhéran a publiquement maintenu une ligne de défiance pendant les efforts diplomatiques visant à ramener les parties belligérantes à la table des négociations.

"Nous ne nous inclinerons jamais devant l’ennemi, et si l’on parle de dialogue ou de négociation, cela ne signifie pas capitulation ou retraite", a publié dimanche le président iranien Masoud Pezeshkian sur X.

Selon la chaîne publique IRIB, la réponse de Téhéran au plan américain, transmise aux médiateurs pakistanais, met l’accent sur la fin de la guerre "sur tous les fronts, en particulier au Liban" — où Israël poursuit son combat contre le Hezbollah soutenu par l’Iran — ainsi que sur la "garantie de la sécurité maritime".

Elle n'a fourni que peu de détails supplémentaires, bien que la proposition américaine se soit apparemment concentrée sur la prolongation de la trêve dans le Golfe afin de permettre des pourparlers sur un règlement du conflit et sur le programme nucléaire contesté de l'Iran.

Trump devrait faire pression sur le président chinois Xi Jinping – un acheteur majeur de pétrole iranien – au sujet de la question iranienne lors de sa visite à Pékin jeudi, selon un haut responsable américain.

"Réponse décisive"

Le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier, a indiqué que l'Iran, dans sa contre-proposition, prévoyait de diluer une partie de son uranium hautement enrichi, le reste devant être transféré vers un pays tiers.

L’Iran avait demandé des garanties que l’uranium transféré lui serait restitué si les négociations échouaient ou si Washington abandonnait l’accord, ont déclaré des sources.

L'absence de voie claire vers une résolution a concentré les inquiétudes sur le détroit d'Ormuz, où l'Iran restreint le trafic maritime et met en place un mécanisme de paiement pour percevoir des droits de passage aux navires qui le traversent.

Les responsables américains ont souligné qu'il serait "inacceptable" que Téhéran contrôle cette voie navigable internationale, par laquelle transite un cinquième du pétrole mondial.

La marine américaine bloque également les ports iraniens, immobilisant ou détournant parfois les navires qui s’y rendent ou en partent.

La Grande-Bretagne et la France envoient des navires dans la région et mènent les efforts visant à créer une coalition internationale pour sécuriser le détroit une fois qu’un accord de paix aura été conclu.

Les deux pays accueilleront également mardi une réunion multinationale des ministres de la Défense de plus de 40 pays afin de discuter des plans militaires visant à rétablir les flux commerciaux à travers le détroit.

Mais le président français Emmanuel Macron a insisté sur le fait que son pays n’avait "jamais envisagé" un déploiement naval à Ormuz, mais plutôt une mission de sécurité "coordonnée avec l’Iran", après que Téhéran eut averti que les deux pays s’exposeraient à une "réponse décisive et immédiate" si leurs navires étaient déployés dans le détroit.

"Fin de la retenue"

Alors que la dynamique diplomatique semblait s'essouffler, de nouvelles attaques de drones dans le Golfe dimanche ont ébranlé le cessez-le-feu.

Les Émirats arabes unis ont déclaré que leurs défenses aériennes avaient intercepté une attaque de drone lancée depuis l’Iran, tandis que le Koweït a signalé la présence de "drones hostiles" dans son espace aérien.

Le ministère de la Défense du Qatar a également indiqué qu’un cargo arrivant dans ses eaux depuis Abu Dhabi avait été touché par un drone.

Dans un message publié dimanche sur les réseaux sociaux, le porte-parole de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien a averti Washington : "Notre retenue prend fin à compter d’aujourd’hui."

"Toute attaque contre nos navires déclenchera une riposte iranienne forte et décisive contre les navires et les bases américains", a déclaré Ebrahim Rezaei.

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