Joseph Kabila
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) accuse l’ancien président Joseph Kabila de préparer une vaste offensive contre le pouvoir de Kinshasa, après son rapprochement avec le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda.
« Kabila a décidé de formaliser son offensive de grande envergure contre la République », a déclaré vendredi à l’Agence France-Presse (AFP) Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais. Selon lui, le recours aux armes revient à « tuer des Congolais pour tenter de conquérir des territoires ».
Le porte-parole a également dénoncé la création d’une nouvelle structure politique et militaire, estimant qu’elle ne constitue qu’un changement de façade. « Ils veulent lancer un mouvement pour se donner un nouveau visage, mais en réalité, les intentions, les plans macabres et le mode opératoire sont connus », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que « les acteurs restent les mêmes, la nature du mouvement reste la même ».
Kabila prend la tête d’une nouvelle coalition avec le M23
Lundi, Joseph Kabila a officialisé son alliance avec le M23 en prenant la direction d’une nouvelle organisation baptisée Front pour la refondation de la nation (FRN). Présentée comme une formation « politico-militaire », celle-ci entend regrouper ses forces, ses ressources et ses moyens afin de mettre fin à ce qu’elle qualifie de tyrannie, y compris par le recours à la force.
Joseph Kabila devrait diriger cette nouvelle structure, tandis que les responsables du M23 en occuperont les postes de vice-présidents. Cette alliance marque une implication plus directe de l’ancien chef de l’État dans la crise sécuritaire qui secoue l’est de la RDC.
En outre, Kabila a été condamné à mort par contumace il y a un an pour complicité avec le M23. Âgé de 55 ans, il a dirigé le pays de 2001 à 2019. Les autorités congolaises l’accusent également d’avoir participé à la création de l’Alliance du fleuve Congo (AFC), l’ancienne branche politique du M23, aujourd’hui dissoute. L’ancien président rejette ces accusations.
Un conflit toujours actif dans l’est du pays
Après plusieurs années passées à l’étranger, Joseph Kabila est réapparu en mai 2025 à Goma, grande ville du Nord-Kivu passée sous le contrôle du M23. Depuis, il effectue régulièrement des déplacements dans les territoires occupés par les rebelles.
Au début de l’année 2025, une offensive menée par le M23 avec le soutien de l’armée rwandaise a permis aux rebelles de prendre le contrôle de Goma, puis de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu.
Depuis ces avancées, la ligne de front a globalement peu évolué. Les affrontements se poursuivent néanmoins, parfois avec une forte intensité, impliquant notamment des drones et des tirs d’artillerie. Le Sud-Kivu demeure l’un des principaux foyers des combats.
Le retour de Kabila dans un contexte politique tendu
Le retour de Joseph Kabila sur le devant de la scène intervient alors que le climat politique congolais reste marqué par des tensions autour de l’avenir institutionnel du pays.
En juin et en septembre, des rassemblements de l’opposition ont dénoncé un projet de révision constitutionnelle qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, âgé de 63 ans.
Successeur de Joseph Kabila, Félix Tshisekedi doit achever en 2028 son deuxième mandat de cinq ans, qui constitue, en l’état actuel de la Constitution, la limite prévue pour l’exercice de la présidence.
Jusqu’à présent, la principale coalition de l’opposition a maintenu ses distances avec Joseph Kabila, malgré les critiques formulées par ce dernier contre le pouvoir en place.
Dans un discours diffusé en ligne vendredi, l’ancien président a accusé le gouvernement de chercher avant tout à se maintenir au pouvoir, affirmant qu’il était « motivé uniquement par sa propre pérennité au pouvoir ».
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