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RDC : Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la Nation

Le président congolais Félix Tshisekedi, deuxième à gauche, le président sortant Joseph Kabila lors de la cérémonie d'investiture, à Kinshasa, 24 janvier 2019.   -  
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République démocratique du Congo

Annoncé lundi 12 octobre à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, le Front pour la refondation de la Nation (FRN) place l’ancien président Joseph Kabila à sa tête.

Cette nouvelle plateforme politico-militaire rassemble plusieurs figures de l’AFC/M23 et affiche l’ambition de fédérer les forces opposées au pouvoir de Félix Tshisekedi. Une initiative qui intervient alors que les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit dans l’est du pays se poursuivent.

Un nouveau front dans le paysage politique et militaire congolais.

À Goma, ville sous le contrôle de l’AFC/M23 depuis janvier 2025, des membres d’une nouvelle coalition ont annoncé la création du Front pour la refondation de la Nation (FRN), placé sous la direction de l’ancien président Joseph Kabila. Cette plateforme se présente comme un cadre de rassemblement des forces opposées au gouvernement de Kinshasa.

Claude Ibalanky, conseiller de la coalition, en expose les ambitions. Le FRN entend, selon lui, coordonner les forces de résistance afin de mettre un terme à ce qu’il qualifie de « tyrannie ». « Le Front pour la refondation de la Nation a pour mission de fédérer et de coordonner toutes les forces de résistance, afin de mettre un terme à la tyrannie, par tous les moyens, y compris la force, et de tracer une nouvelle voie et de nouvelles perspectives pour le pays », affirme-t-il.

Derrière cette déclaration, la coalition revendique une stratégie commune et une mutualisation des moyens. Sa composition témoigne également de la place accordée à plusieurs figures déjà présentes au sein de l’AFC/M23.

La nouvelle plateforme s’organise autour de Joseph Kabila, avec Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa comme vice-présidents. Sultani Makenga est présenté comme chef d’état-major général. Freddy Kaniki occupe le poste de secrétaire général, tandis que Benjamin Bonimpa est désigné secrétaire général adjoint.

Pour Claude Ibalanky, l’enjeu est de dépasser les initiatives dispersées et de donner aux forces réunies un cadre d’action commun. « Les signataires ont décidé de mutualiser leurs forces, leurs ressources et leurs moyens afin de créer un cadre d’action à travers lequel tous les Congolais, à l’unisson, entreprendront l’œuvre de la libération de leur pays », déclare-t-il.

Reste à savoir quelle sera la portée réelle de cette nouvelle structure, ses moyens d’action et son articulation avec les organisations déjà engagées dans le conflit. Au moment de l’annonce, le gouvernement congolais n’avait pas réagi officiellement.

La création du FRN intervient alors que l’est de la RDC reste le théâtre de combats entre les forces gouvernementales et l’AFC/M23, malgré les initiatives diplomatiques engagées pour parvenir à une désescalade.

Dans son rapport du 11 juin 2026, le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC évoquait déjà une possible restructuration de l’Alliance du fleuve Congo et du Mouvement du 23 mars (AFC/M23), comprenant notamment un changement de nom et un rôle de premier plan pour Joseph Kabila.

L’annonce du FRN s’inscrit ainsi dans un contexte de recomposition des forces opposées au pouvoir de Kinshasa. Elle soulève des questions sur les objectifs politiques de la coalition, ses rapports avec l’AFC/M23 et les conséquences possibles de cette nouvelle configuration sur les négociations en cours.

Le retour de Joseph Kabila au premier plan de cette initiative intervient également dans un contexte judiciaire particulièrement lourd pour l’ancien chef de l’État. En septembre 2025, la Haute Cour militaire congolaise l’a condamné à mort par contumace, notamment pour trahison et crimes de guerre.

La justice l’accusait notamment d’avoir collaboré avec le Rwanda et le M23. Joseph Kabila a rejeté ces accusations et dénoncé une procédure à caractère politique. Au sein du FRN, le ton reste celui de la confrontation, mais aussi celui d’un appel adressé au président Félix Tshisekedi. Moïse Nyarugabo, membre de la coalition, affirme que celle-ci reste disposée à envisager une issue pacifique. « Aujourd’hui, le message consiste à demander à Tshisekedi de faire lui aussi un choix. S’il veut la paix, nous sommes prêts à la lui accorder ; s’il fait la guerre, il l’aura aussi », déclare-t-il. Cette déclaration illustre l’ambiguïté du message véhiculé par la coalition : une ouverture affichée à la paix, accompagnée d’une menace explicite de poursuivre la confrontation armée.

La création du Front pour la refondation de la Nation ouvre donc un nouveau chapitre dans la crise congolaise. Au-delà de l’annonce de sa structure dirigeante, les prochaines étapes permettront de mesurer sa capacité à fédérer ses composantes, à préciser son programme politique et à peser sur l’évolution du conflit dans l’est de la RDC.

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