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Mali : les défenseurs des droits humains réclament la vérité sur Mountaga Tall

ARCHIVES - Le lieutenant-colonel Assimi Goita, chef de la junte au pouvoir au Mali, au centre, assiste à un défilé militaire.   -  
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Mali

Six mois après son enlèvement, le sort de Mountaga Tall reste inconnu. L’avocat et ancien ministre malien, figure engagée en faveur de la démocratie, a été arrêté dans la nuit du 2 au 3 mai à son domicile par des hommes masqués présentés comme appartenant à la Sécurité d’État.

Quelques jours après sa disparition, son fils Cheick Mamadou Tall aurait également été interpellé. Depuis, les deux hommes seraient détenus dans un lieu inconnu, sans qu’aucune procédure judiciaire officielle ne soit communiquée par les autorités de transition maliennes.

Face au silence de Bamako, les organisations de défense des droits humains multiplient les appels. Dans un communiqué, Amnesty International demande aux autorités de révéler le lieu de détention des deux hommes, de confirmer qu’ils sont en vie et de leur permettre un accès à leurs familles, leurs avocats ainsi qu’à d’éventuels soins médicaux.

Les avocats de la famille ont saisi la justice malienne ainsi que le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées. Le président du Barreau du Mali, la Conférence internationale des barreaux et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ont également interpellé les autorités, sans réponse officielle.

La disparition de Mountaga Tall intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des libertés publiques au Mali. Les ONG accusent la junte militaire, au pouvoir depuis plusieurs années sans élections, de multiplier les restrictions contre les opposants politiques, les médias et les organisations de la société civile.

D’autres militants pro-démocratie arrêtés en mai ont récemment refait surface. Présentés devant un juge après plusieurs mois de détention, Youssouf Daba Diawara, Aboubacar Soumaré, Moussa « Abba » Djiré et Ibrahima Tamega font désormais l’objet de poursuites pour plusieurs chefs d’accusation, dont « atteinte à la réputation de l’État » et « tentative de déstabilisation ».

Selon leurs proches, ces militants seraient apparus très affaiblis après des mois passés sans contact avec l’extérieur, certains présentant des signes de traumatisme. Pour les organisations de défense des droits humains, ces cas illustrent les inquiétudes persistantes autour des disparitions et des détentions arbitraires au Mali.