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La Guinée équatoriale entend éradiquer le paludisme d’ici à 2030

Des agents de santé procèdent à la désinsectisation d'un marché afin de lutter contre les moustiques et d'empêcher la propagation du paludisme, à Panama City, le 16/10/2026.   -  
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Paludisme

La Guinée équatoriale intensifie sa lutte contre le paludisme avec l’ambition d’éliminer la maladie d’ici à 2030. À Malabo, sur l’île de Bioko, des équipes sanitaires et des organisations non gouvernementales procèdent à des pulvérisations d’insecticides dans les habitations afin de réduire la présence des moustiques et les risques de transmission. Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie nationale appelée à s’étendre au territoire continental.

Cette initiative s’appuie sur les résultats obtenus à Bioko, où des années d’interventions soutenues, de collecte de données et de sensibilisation des habitants ont permis de réduire sensiblement les infections et les décès. Le gouvernement entend désormais reproduire ces avancées à plus grande échelle, dans un environnement marqué par les forêts tropicales, les fortes précipitations et l’humidité, propices à la prolifération des moustiques.

L’extension du programme se heurte néanmoins à plusieurs difficultés. Le territoire continental est plus vaste et ses frontières avec le Cameroun et le Gabon, où le paludisme demeure présent, compliquent les efforts d’élimination. La pérennité des financements, la continuité des mesures de prévention et la surveillance épidémiologique seront déterminantes pour atteindre l’objectif fixé.

Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Mitoha Ondo’o Ayekaba, a fait de cette échéance une priorité nationale. L’élimination du paludisme doit, selon lui, contribuer au programme de développement économique et social à l’horizon 2035, notamment à la diversification de l’économie et à l’essor du tourisme.

Le dispositif associera les méthodes de lutte déjà éprouvées à Bioko au déploiement du vaccin antipaludique R21, recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les enfants. Le programme prévoit la vaccination de 300 000 enfants à l’échelle nationale. De nouvelles méthodes de surveillance, notamment le recours aux drones pour repérer les zones de forte concentration de moustiques, sont également envisagées.

Les autorités évaluent par ailleurs la possibilité d’utiliser des moustiques génétiquement modifiés, développés par des spécialistes de l’Université de Californie à Davis. Ces insectes pourraient contribuer à réduire les populations de moustiques sauvages ou leur capacité à transmettre le parasite responsable du paludisme.

La pérennité des résultats en question

Pour Guillermo Garcia, directeur des programmes internationaux de l’organisation MCD Global Health, la réussite du programme dépendra de la capacité du pays à maintenir ses efforts dans la durée, tout en adaptant les interventions aux enseignements tirés d’autres expériences d’élimination. Un relâchement de la prévention et du contrôle pourrait favoriser une résurgence de la maladie.

Matthew Ippolito, spécialiste du paludisme et professeur associé de médecine à la faculté de médecine de l’université Johns-Hopkins, souligne également le rôle du développement économique dans la lutte contre cette maladie, étroitement liée à la pauvreté rurale. Il avertit qu’une reprise de la transmission après une période de recul peut avoir des conséquences particulièrement graves, la diminution de l’immunité de la population exposant davantage de personnes aux formes sévères.

L’enjeu dépasse les frontières de la Guinée équatoriale. L’Afrique concentre la grande majorité des cas et des décès dus au paludisme dans le monde, malgré les progrès de la prévention et des traitements. À ce jour, seuls deux pays d’Afrique subsaharienne, Maurice et le Cap-Vert, tous deux insulaires, ont obtenu de l’OMS la certification d’élimination du paludisme.