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Guinée équatoriale : un cas suspect d’Ebola dans l’hôtel retenant des migrants

Une vue de l'hôtel Bamy ou sont logés des personnes expulsées des USA, à Malabo, Avril 2026   -  
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AP Photo

Guinée équatoriale

Au moins un patient suspecté d’être atteint du virus Ebola a été placé en quarantaine dans le même hôtel de Guinée équatoriale où sont retenus des migrants expulsés des États-Unis, ont affirmé jeudi des expulsés ainsi que les avocats qui les représentent.

Situé à Malabo, sur l’île de Bioko, l’hôtel Bamy appartient à la famille du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Il héberge actuellement 17 migrants originaires notamment d’Angola, de Mauritanie et d’Éthiopie, transférés dans le cadre d’un accord controversé conclu entre la Guinée équatoriale et l’administration Trump pour accueillir des personnes expulsées vers un pays tiers.

Une vidéo obtenue par l’Associated Press montre deux personnes vêtues d’équipements de protection individuelle procédant à des opérations de désinfection à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement.

Selon une coalition d’avocats internationaux et les témoignages de deux migrants expulsés ayant requis l’anonymat par crainte de représailles, un homme suspecté d’être porteur du virus Ebola a été conduit à l’hôtel la semaine dernière par du personnel médical équipé de combinaisons de protection, avant d’être isolé à un étage inférieur à celui où sont détenus les migrants.

Les deux expulsés affirment qu’un médecin leur a indiqué en anglais que cet homme était un cas suspect d’Ebola et leur a demandé de rester prudents, sans fournir davantage d’explications.

Dans un communiqué, la coalition d’avocats indique avoir reçu « des informations préoccupantes de plusieurs personnes détenues selon lesquelles une personne présentant un cas suspect d’Ebola a récemment été placée en quarantaine dans le même complexe hôtelier où elles sont retenues ».

L’un des migrants affirme également qu’une femme a été admise dimanche à l’étage réservé à la quarantaine et que le personnel médical l’a présentée comme une autre patiente suspectée d’être atteinte d’Ebola.

La République démocratique du Congo est actuellement confrontée à une épidémie d’Ebola qui a fait plus de 600 morts depuis son apparition en mai. Des cas ont également été confirmés en Ouganda voisin. En revanche, les autorités n’ont signalé à ce jour aucun cas confirmé, ni même suspect, en Guinée équatoriale.

Cette affaire intervient alors que l’administration Trump a multiplié les expulsions de migrants vers des pays tiers dans le cadre de sa politique de lutte contre l’immigration irrégulière. Selon des organisations de défense des droits, des milliers de personnes ont ainsi été transférées vers près de deux dizaines de pays qui ne sont pas les leurs.

Des avocats spécialisés en immigration estiment que ces accords permettent à Washington de contourner certaines protections juridiques en renvoyant indirectement des demandeurs d’asile vers leur pays d’origine.

La Guinée équatoriale figure parmi au moins huit pays africains ayant conclu de tels accords avec les États-Unis. En échange d'un financement américain de 7,5 millions de dollars, le président Obiang a transformé un hôtel appartenant à sa famille en centre de détention destiné à accueillir les migrants expulsés.

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