Sud-Soudan
De violents affrontements entre communautés rivales ont fait environ 70 morts, dont quatre soldats, dans la région de Rumbek, au centre du Soudan du Sud.
Face à cette nouvelle flambée de violences, les forces gouvernementales et les Casques bleus des Nations unies sont intervenus pour protéger les civils et rétablir la sécurité.
De nouveaux affrontements meurtriers ont secoué l'État des Lacs, au centre du Soudan du Sud. Les combats, survenus vendredi dans la région de Rumbek, ont opposé des jeunes armés des communautés Pakam, du comté de Rumbek Nord, et Nyang, du comté de Rumbek Centre, toutes deux appartenant à l'ethnie dinka.
Selon le ministère sud-soudanais de l'Information, environ 70 personnes ont été tuées, dont quatre militaires. Un bilan qui reste provisoire, alors que les établissements de santé locaux ont été submergés par l'afflux de blessés.
Les affrontements ont semé la panique parmi les populations, contraignant de nombreuses familles à fuir leurs habitations pour échapper aux échanges de tirs.
« Les gens se sont battus, ils ont échangé des tirs et plusieurs personnes ont été tuées ce jour-là. Nous ne savons pas vraiment ce qui a déclenché ces combats », témoigne Mbabazi Riesty Loduma, une habitante de Rumbek.
Selon elle, l'intervention des forces de sécurité a finalement permis de mettre un terme aux fusillades.
Face à la gravité de la situation, la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) a mobilisé ses Casques bleus népalais pour sécuriser l'hôpital de Rumbek, effectuer des patrouilles et évacuer des personnes menacées.
Une intervention saluée par les habitants et les acteurs humanitaires.
« Sans leur intervention pour nous évacuer, nos biens auraient été pillés et certains de nos collègues auraient pu être tués en raison de leurs origines. La MINUSS nous a véritablement sauvés », affirme Angelina Adhel, travailleuse humanitaire et résidente de Rumbek.
Pour prévenir une nouvelle escalade, les autorités de l'État des Lacs ont annoncé le renforcement de la présence des forces de sécurité dans les secteurs touchés par les violences.
« Des patrouilles circulent dans la ville 24 heures sur 24, sept jours sur sept, pour sécuriser les déplacements et permettre aux personnes déplacées de regagner leurs domiciles », explique Mabor Deng, porte-parole du gouverneur de l'État des Lacs.
Les opérations de surveillance concernent également les périphéries de Rumbek, où les forces de sécurité poursuivent leurs patrouilles de jour comme de nuit.
Dans cette région du Soudan du Sud, les différends liés à la possession du bétail, à l'accès aux pâturages et aux cycles de représailles alimentent régulièrement les violences entre communautés.
Si ces rivalités constituent un facteur récurrent d'instabilité, la cause immédiate des derniers affrontements n'a pas encore été établie.
Cette nouvelle flambée de violences souligne la fragilité de la situation sécuritaire dans l'État des Lacs, où la protection des populations civiles et le retour des personnes déplacées demeurent des défis majeurs.
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