Prix Nobel
La lauréate du prix Nobel de la paix accuse le président américain de vouloir entraver l’indépendance de la Cour pénale internationale (CPI), après l’annonce de sanctions destinées à fragiliser son fonctionnement. Elle y voit une réaction politique à l’attribution du prix Nobel et dénonce une justice internationale soumise à des « deux poids, deux mesures ».
Navi Pillay a vivement condamné les sanctions américaines visant la Cour pénale internationale (CPI), qualifiant d’« illégales » les mesures décidées par l’administration de Donald Trump. Dans un entretien accordé à l’AFP, mercredi, l’ancienne juge sud-africaine a exhorté le président américain à s’informer sur le droit international et sur les limites imposées à toute ingérence dans une juridiction indépendante.
Washington a annoncé vendredi des sanctions visant à entraver les activités quotidiennes de la Cour, notamment ses opérations technologiques et bancaires. Leur entrée en vigueur est prévue dans un délai de six mois. L’administration Trump entend ainsi riposter aux poursuites engagées par la CPI, notamment au mandat d’arrêt délivré contre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, pour des crimes présumés commis à Gaza.
Pour Navi Pillay, le calendrier de cette décision n’a rien d’anodin. Elle estime que les sanctions, annoncées quelques heures après l’attribution de son prix Nobel de la paix, constituent une réaction au fait que cette distinction n’a pas été décernée à Donald Trump. « Ce n’est pas une coïncidence », a-t-elle affirmé, soulignant que les décisions de ce type sont, selon elle, planifiées.
La juriste dénonce également le caractère sélectif de la politique américaine à l’égard de la Cour. Elle rappelle que de précédentes administrations des États-Unis avaient salué le mandat d’arrêt délivré contre le président russe, Vladimir Poutine. Une différence de traitement qu’elle assimile à un double standard et juge contraire aux principes de la justice internationale.
Alors que le premier ministre néerlandais, Rob Jetten, a appelé à engager des discussions avec Washington pendant le délai précédant l’application des sanctions, Navi Pillay se montre sceptique quant à la perspective d’une réforme de la CPI. Elle considère que l’objectif américain serait surtout d’obtenir l’assurance que la Cour ne poursuivra pas de ressortissants des États-Unis. Une telle garantie créerait, selon elle, un précédent dangereux en remettant en cause l’égalité devant la justice.
Forte de son expérience sous l’apartheid en Afrique du Sud, où les populations victimes de lois discriminatoires disposaient de peu de recours, Navi Pillay défend un système judiciaire fondé sur des principes universels. Elle met en garde contre toute tentative de soumettre la justice internationale aux intérêts politiques des grandes puissances.
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