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Éthiopie : le TPLF rétablit son Assemblée régionale, la tension monte

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président de l'Assemblée nationale Tagesse Chafo, à Addis-Abeba, en Éthiopie, 15 nov. 22.   -  
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Ethiopie

Le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) a annoncé le rétablissement d’un parlement régional, dont l’élection avait été l’un des éléments déclencheurs de la guerre du Tigré, ce qui inquiète les observateurs qui redoutent une reprise du conflit meurtrier entre le gouvernement éthiopien et les forces régionales.

La guerre du Tigré a fait au moins 600 000 morts entre 2020 et 2022 et a opposé les forces fédérales, soutenues par des milices locales et l'armée érythréenne, aux rebelles du TPLF.

Depuis lors, le Tigré est gouverné en vertu de l'accord de paix de Pretoria conclu avec Addis-Abeba en avril, qui a prolongé le mandat de ses représentants d'un an, malgré les critiques du TPLF.

Bien qu’il reste puissant au niveau régional, le TPLF – qui a effectivement dirigé l’Éthiopie pendant trois décennies – n’est plus un parti légalement enregistré, suite à l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed.

Dans un communiqué publié dimanche soir, le TPLF a déclaré que son comité central « a décidé de rétablir l’Assemblée gouvernementale du Tigré (Parlement), qui avait été suspendue au nom de la paix ».

« Cette assemblée incarne l'autorité souveraine de notre peuple et sa volonté déterminée, et a été élue par quelque 2,8 millions de personnes », indique le communiqué.

Cette élection de 2020 n'a pas été reconnue par les autorités fédérales et a été l'un des éléments déclencheurs de la guerre meurtrière au Tigré.

Les responsables éthiopiens n'ont pas répondu aux questions de l'AFP concernant cette initiative du TPLF.

« Les perspectives semblent sombres quant à une résolution pacifique de cette situation », a déclaré à l’AFP un expert régional, qui a souhaité garder l’anonymat, ajoutant qu’il estimait que cela équivalait à une « dissolution de l’administration intérimaire ».

« Cette décision a été prise parce que le gouvernement fédéral viole l’accord de Pretoria ; nous n’avons pas été consultés », a déclaré à l’AFP un haut responsable du TPLF, qui a également souhaité garder l’anonymat.

Le communiqué du TPLF soulignait également que « notre peuple doit renforcer ses relations amicales avec les populations des régions voisines ».

« Nous voulons dialoguer avec tout le monde, avec les Amharas, les Afars, les Soudanais, les Érythréens », a insisté le haut responsable du TPLF.

Les autorités fédérales ont accusé le TPLF de se rapprocher de l’Érythrée voisine, qui entretient des relations hostiles avec Addis-Abeba. Le groupe a nié ces accusations.

De son côté, l’Érythrée accuse son voisin enclavé de convoiter son port d’Assab.

Les deux pays se sont livré une guerre meurtrière de mai 1998 à juin 2000 pour le contrôle de plusieurs villes frontalières.

Cette situation fait suite au rassemblement de troupes fédérales à la frontière du Tigré en février. Une source anonyme des services de sécurité a déclaré à l'AFP qu'une grande partie de ces troupes s'était désormais retirée, bien que les forces tigréennes « soient toujours largement déployées à leurs frontières ».

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