Ethiopie
À Mekelle, la capitale du Tigré en Éthiopie, des jeunes optent pour l'exode, craignant le retour des hostilités dans la région.
Alors que les vestiges de la dernière guerre sont encore visibles, les forces fédérales et tigréennes se massent à nouveau à leur frontière commune dans le nord de l'Éthiopie.
''Nous détestons la guerre avec amertume. La paix que nous avions avant nous manque. Nous détestons vraiment la guerre. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est la paix, par tous les moyens. Nous n'avons pas besoin de quelqu'un qui nous force à combattre à nouveau.'', raconte Darge Meressa, agriculteur.
Mais alors que le feu n’a pas encore été mis aux poudres, les souvenirs du dernier conflit nourrissent des appréhensions dans la communauté. Les tensions entre l'Éthiopie et l'Érythrée rendent le climat plus morose.
''Nous avons vraiment peur. Pendant la dernière guerre, j'étais enceinte. J'ai dû fuir d'ici pour me réfugier à Mekhoni. J'ai beaucoup souffert pendant l'accouchement. Toutes ces souffrances étaient derrière nous et nous sommes revenus ici. Mais aujourd'hui, nous avons de nouveau peur. Nous sommes vraiment terrifiés.''; explique Mahlet Terefe, commerçante.
La pénurie de produits de base s'aggrave dans la région. Subventions coupées, fonctionnaires impayés et banques à court de liquidités, le Tigré est au bord de l’implosion.
''En 2020, de nombreux civils sont morts ici, pas seulement ceux qui sont partis se battre. Les civils qui sont restés sont également morts. C'est pourquoi les gens abandonnent maintenant leurs biens et fuient. Beaucoup de jeunes sont morts, ceux qui auraient pu avoir des enfants, ceux qui étaient productifs. La guerre ne nous apporte rien. Nous voulons que la prochaine génération vive en paix. Nous voulons l'unité, la réconciliation et la paix. Si la guerre éclate à nouveau, nous périrons.'', souligne Berhan Adhana, vendeuse d'épices.
Les autorités fédérales et tigréennes se rejettent mutuellement la responsabilité de la montée des tensions.
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