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Éthiopie : lancement de la campagne législative dans un contexte politique et sécuritaire tendu

Des Éthiopiens votent lors des élections législatives à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 21 juin 2021.   -  
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Abiy Ahmed

La campagne pour les élections législatives du 1er juin en Éthiopie a été officiellement ouverte. Le scrutin opposera notamment le parti d’opposition EZEMA au Parti de la prospérité du Premier ministre Abiy Ahmed, dans un contexte marqué par des violences armées persistantes et des restrictions politiques.

Le principal parti d’opposition, les « Citoyens éthiopiens pour la justice sociale » (EZEMA), a ouvert sa campagne électorale à Addis-Abeba. Sa direction met en avant une ligne politique fondée sur la citoyenneté, en opposition aux logiques ethno-linguistiques qui structurent traditionnellement la vie politique éthiopienne. Le parti défend également le principe d’un fédéralisme démocratique et insiste sur la nécessité de renforcer la justice sociale.

Le scrutin opposera EZEMA au Parti de la prospérité, au pouvoir depuis 2019 et dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed, en fonction depuis 2018. Lors des élections législatives de 2021, le parti au pouvoir avait remporté 485 des 502 sièges en compétition.

Sur le terrain, EZEMA cherche aussi à se distinguer par la place accordée aux femmes, avec un nombre élevé de candidates aux législatives et aux élections locales à Addis-Abeba, ainsi que des postes de responsabilité au sein de sa structure.

Malgré cette organisation, l’opposition reste globalement fragilisée. Vingt-trois partis sont enregistrés pour le scrutin, mais la majorité d’entre eux sont considérés comme proches du pouvoir ou disposant d’une faible autonomie politique. Plusieurs figures de l’opposition ne participent pas activement à la campagne : certaines sont en exil, d’autres se cachent, selon des observateurs.

Le cadre électoral demeure marqué par des tensions sécuritaires dans plusieurs régions. Des insurrections sont signalées notamment dans les régions de l’Oromia et de l’Amhara. Dans l’Amhara, 30 circonscriptions sur 137 ont vu le scrutin annulé. Le groupe armé Fano a déclaré qu’il considérerait les électeurs participants comme complices et menacé d’actions armées.

L’autorité électorale a indiqué que le vote n’aura pas lieu dans la région du Tigré, où environ un million de personnes ont été déplacées à la suite de la guerre civile. Le Front populaire de libération du Tigré reste en désaccord avec le gouvernement fédéral.