Congo
Confronté à la raréfaction des ressources halieutiques et à la hausse du prix du poisson, le Congo-Brazzaville mise sur la pisciculture hors-sol pour accroître la production locale. Cette alternative se heurte toutefois au coût élevé de l’alimentation des poissons, qui pèse lourdement sur la rentabilité des exploitations.
À Pointe-Noire, plusieurs cours d’eau, dont la rivière Tchinouka, pourraient constituer des réserves de poissons d’eau douce. Mais leur exploitation reste limitée, notamment en raison de la pollution. Dans ce contexte, la pisciculture hors-sol, pratiquée dans des bacs et des bassins, apparaît comme une solution pour renforcer l’offre locale.
Pour Wilde Bahamboula, exploitant piscicole, ce système facilite la pêche et le contrôle des poissons, tout en limitant les pertes observées dans les étangs naturels. Il permet ainsi une meilleure maîtrise de la production.
Malgré ces perspectives, le poisson d’eau douce demeure rare et coûteux sur les marchés congolais. La sous-production, aggravée par la surpêche en mer et dans les eaux continentales, contribue à cette situation. Avec un salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 50 000 francs CFA, les ménages modestes peinent à accéder à certains poissons, comme le silure géant, vendu à plus de 7 000 francs CFA l’unité.
« Le poisson d’eau douce devient rare et cher. Du coup, on se contente des produits congelés », témoigne Aurélie Batchi, restauratrice. Cette cherté réduit l’accès des consommateurs à une source importante de protéines et favorise le recours à d’autres produits carnés.
L’un des principaux obstacles au développement de la pisciculture reste le coût de production. Selon les professionnels du secteur, l’alimentation des poissons représente environ 75 % des charges. Philippe Bounzeki, chef d’entreprise piscicole, préconise ainsi la production locale d’aliments pour poissons afin de réduire les coûts et d’améliorer la rentabilité des exploitations.
Selon les estimations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production piscicole du Congo-Brazzaville avoisine 1 500 tonnes par an, tandis que la consommation moyenne de poisson atteint 25 kilogrammes par habitant et par an.
Dans un contexte de pression croissante sur les ressources halieutiques, le développement de la pisciculture et la maîtrise de ses coûts constituent des enjeux majeurs pour améliorer l’approvisionnement du marché national et rendre le poisson plus accessible aux ménages.
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