Iran
Des manifestants en colère contre la mauvaise santé économique de l'Iran ont organisé mardi un sit-in au Grand Bazar de Téhéran, ont déclaré des témoins. Les forces de sécurité ont finalement tiré des gaz lacrymogènes et dispersé les manifestants, tandis que le reste du marché fermait ses portes.
La manifestation au Grand Bazar, qui est depuis des siècles le cœur battant de la vie économique et politique iranienne, est le dernier signe en date que les manifestations vont probablement se poursuivre, alors que le rial a atteint mardi un niveau historiquement bas. Les violences liées aux manifestations ont déjà fait au moins 36 morts et les autorités ont arrêté plus de 2 000 personnes, selon des militants à l'étranger.
Dans le même temps, la situation risque de s'aggraver, la Banque centrale iranienne ayant considérablement réduit les taux de change subventionnés qu'elle offre aux importateurs et aux producteurs pour le dollar. Cela devrait inciter les commerçants à répercuter directement les hausses de prix sur les consommateurs, dont les économies ont déjà fondu au fil des années de sanctions visant la République islamique.
Le président réformiste iranien Masoud Pezeshkian, tout en ordonnant une enquête gouvernementale sur un incident lié aux manifestations, a par ailleurs signalé mardi que la crise pourrait rapidement échapper au contrôle des autorités. Les forces de sécurité affrontent les manifestants sur le principal marché iranien, faisant au moins 35 morts lors des manifestations Le correspondant de l'AP Charles de Ledesma rapporte qu'un groupe d'activistes affirme que des dizaines de personnes sont mortes lors des récentes manifestations en Iran.
« Nous ne devons pas attendre du gouvernement qu'il gère tout cela seul », a déclaré M. Pezeshkian dans un discours télévisé. « Le gouvernement n'en a tout simplement pas la capacité. » Le Grand Bazar secoué par les troubles Dans le Grand Bazar, un dédale de passages couverts et de ruelles, les manifestants se sont assis dans un passage devant les forces de sécurité tandis que d'autres magasins à proximité fermaient mardi, selon des vidéos en ligne et des témoins. D'autres manifestations ont également vu des personnes s'asseoir devant la police après la diffusion d'une photo montrant un homme assis seul devant les forces de sécurité. Les autorités ont ensuite tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Les médias d'État iraniens n'ont pas immédiatement reconnu l'incident, ce qui est courant depuis le début des manifestations le 28 décembre. Des images ultérieures auraient montré des gaz lacrymogènes dans un hôpital et une station de métro à Téhéran.
L'Iran a été confronté à plusieurs vagues de manifestations nationales ces dernières années. Alors que les sanctions se durcissaient et que l'Iran était en difficulté après une guerre de 12 jours avec Israël en juin, sa monnaie, le rial, s'est effondrée en décembre, atteignant 1,4 million pour 1 dollar. Les manifestations ont commencé peu après, les manifestants scandant des slogans contre la théocratie iranienne.
Mardi, 1 dollar s'échangeait à 1,46 million de rials, un nouveau plus bas, sans signe de ralentissement. Avant la révolution islamique de 1979 en Iran, le rial était globalement stable, s'échangeant à environ 70 pour 1 dollar. Au moment de l'accord nucléaire conclu en 2015 entre l'Iran et les puissances mondiales, 1 dollar s'échangeait à 32 000 rials.
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