L'actualité internationale
La démocratie et les droits fondamentaux sont en recul sur le continent africain. C'est le constat dressé par Mo Ibrahim, homme d'affaires soudano-britannique et fondateur de l'organisation qui porte son nom, spécialisée dans l'évaluation de la gouvernance en Afrique.
À l'occasion de la publication du dernier Indice Ibrahim de la gouvernance africaine, il estime que les dirigeants africains sont influencés par la montée des « hommes forts » observée dans plusieurs régions du monde.
« On observe partout ce phénomène de montée en puissance des hommes forts. Si vous êtes un dirigeant africain et que vous voyez cela se produire ailleurs, vous vous dites : "Pourquoi pas moi aussi ?" », explique-t-il.
Le rapport relève pourtant des progrès dans plusieurs domaines, notamment en matière d'opportunités économiques et de développement humain. Mais ces avancées sont contrebalancées par une détérioration de la sécurité, des droits de l'homme et de la participation citoyenne dans de nombreux pays.
Selon l'indice, trente pays, représentant près de la moitié de la population africaine, affichaient en 2025 un meilleur niveau global de gouvernance qu'en 2016. En revanche, vingt-trois pays ont enregistré une dégradation, tandis qu'un seul est resté stable.
Mo Ibrahim cite notamment la Tanzanie et l'Ouganda parmi les exemples de dérives autoritaires, dénonçant les violences contre l'opposition et les restrictions des libertés politiques. Pour lui, remporter une élection avec des scores écrasants tout en réprimant les opposants remet en cause la crédibilité du processus démocratique.
L'organisation souligne également les conséquences des récents coups d'État militaires et des conflits armés, qui ont contribué au recul de la gouvernance dans plusieurs États, notamment au Burkina Faso, au Soudan, au Nigeria et en Tunisie.
Mo Ibrahim estime par ailleurs que l'Afrique doit apprendre à davantage compter sur ses propres ressources, après la réduction de l'aide américaine. Il appelle le continent à renforcer ses partenariats avec l'Europe, la Chine, l'Inde et d'autres acteurs internationaux.
Malgré ce constat préoccupant, il reste optimiste quant à l'avenir du continent. Son principal motif d'espoir réside dans la jeunesse africaine. Déjà, 60 % des Africains ont moins de 25 ans, et d'ici à 2050, un jeune sur trois dans le monde sera africain.
Selon lui, cette nouvelle génération, mieux informée et mieux formée que les précédentes, jouera un rôle déterminant pour exiger davantage de transparence, de responsabilité et de démocratie auprès des dirigeants africains.
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