Politique Sénégal
Plus d’un demi-siècle après sa création, Orchestra Baobab s’apprête à publier, le 23 octobre, Made in Senegal, son premier album de compositions inédites depuis 2017.
À Dakar, les rythmes d’Orchestra Baobab continuent de faire danser les générations. Dans le club Just For You, comme sur les scènes de New York, Paris, Johannesburg ou Hong Kong, le groupe sénégalais perpétue une signature musicale singulière, née de la rencontre entre influences afro-cubaines, rumba congolaise, jazz et traditions ouest-africaines.
Fondé dans les années 1970, l’orchestre a traversé les décennies, malgré la disparition de plusieurs de ses figures emblématiques, dont les chanteurs et percussionnistes Balla Sidibé et Rudy Gomis, ainsi que le saxophoniste Issa Cissokho. Après une pause, il avait renoué avec le succès au début des années 2000, s’imposant sur la scène internationale.
Aujourd’hui, la transmission constitue l’un des principaux ressorts de sa longévité. Les musiciens les plus récents, majoritairement trentenaires et quadragénaires, apportent de nouvelles sensibilités sans renoncer aux sonorités qui ont fait la renommée du groupe. Arrivée en 2023, Korka Dieng, première femme à intégrer la formation, observe un intérêt croissant du jeune public. « La nouvelle génération commence à comprendre que l’Orchestra Baobab, ce n’est pas que de la musique à l’ancienne », souligne la chanteuse.
Un héritage musical en mouvement
Pour Yahya Fall, guitariste rythmique de 76 ans, cette évolution insuffle une fraîcheur nouvelle au répertoire. Les nouveaux membres cherchent à affirmer leur personnalité tout en préservant l’originalité du groupe. Une démarche qui se concrétise avec Made in Senegal, composé de douze titres, dont environ la moitié sont inédits.
Parmi eux, Gorgoulou, terme wolof désignant celui qui travaille durement pour subvenir à ses besoins, est signé Wilfried Zinsou, tromboniste et saxophoniste. Le titre Wida, composé par le guitariste Bolero Lagratte, renvoie quant à lui à Ouidah, au Bénin, et à son histoire liée à la traite négrière transatlantique.
Le précédent album, Tribute to Ndiouga Dieng, paru en 2017, rendait hommage à l’un des membres fondateurs disparus. La nouvelle production marque ainsi une étape différente : celle d’un groupe qui entend créer plutôt que seulement célébrer son passé.
Une identité culturelle à transmettre
Pour Wilfried Zinsou, Orchestra Baobab dépasse le cadre musical. Lorsqu’il se produit à l’étranger, l’ensemble contribue, selon lui, à faire connaître la culture sénégalaise. « Orchestra Baobab représente une identité pour le Sénégal », affirme-t-il.
Mountaga « Taga » Koité, percussionniste de 73 ans et dernier membre fondateur encore présent dans le groupe, espère que les jeunes musiciens sauront prolonger cette aventure jusqu’à son centenaire. Une ambition qui exigera, selon lui, du courage, de l’abnégation et du savoir-faire.
Six des douze titres de Made in Senegal sont inédits. Orchestra Baobab renouvelle ainsi son répertoire tout en préservant son héritage musical. L’album sort ce 23 octobre.
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