FIFA
Le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, traverse une période de fortes turbulences.
Critiqué pour sa gestion de l’instance, un projet controversé lié aux droits commerciaux de la Coupe du monde et ses relations avec Donald Trump, il fait face à une opposition grandissante, notamment au sein de l’UEFA, à quelques mois de l’élection présidentielle prévue au Maroc.
Une présidence de plus en plus contestée
À la tête de la FIFA depuis 2016, Gianni Infantino fait face à l’une des crises les plus importantes de sa présidence. Plusieurs responsables du football européen remettent en question sa gouvernance et réclament davantage de transparence dans les décisions de l’organisation.
Selon Graham Dunbar, journaliste à l'Associated Press, le dirigeant cherche désormais à préserver son autorité avant l’élection présidentielle de mars prochain.
Infantino souhaite obtenir un nouveau mandat de quatre ans, qui lui permettrait de diriger la FIFA jusqu’en 2031. Mais ses opposants, principalement issus de l’Union des associations européennes de football (UEFA), envisagent de présenter un candidat alternatif.
Ils disposent de cinq semaines pour identifier une personnalité capable de rallier les suffrages des 211 fédérations membres de la FIFA, avant une campagne électorale de quatre mois.
Un projet de 4,2 milliards de dollars au cœur des critiques
La contestation s’est intensifiée après la révélation d’un projet de 4,2 milliards de dollars concernant l’exploitation commerciale de la Coupe du monde.
Ce projet, qui prévoyait l’entrée d’investisseurs privés dans une structure chargée de gérer des droits commerciaux du tournoi, a provoqué de vives tensions au sein du football mondial.
Finalement abandonné, il continue de susciter des interrogations sur les méthodes de gouvernance du président de la FIFA.
Lors d’une réunion du Conseil de l’organisation, Gianni Infantino a présenté ses excuses pour la manière dont ce dossier avait été conduit. Mais plusieurs responsables européens estiment que les explications fournies restent insuffisantes.
Debbie Hewitt, vice-présidente de la FIFA et dirigeante de la Fédération anglaise de football, a notamment réclamé des réponses écrites sur ce projet.
Les liens avec Donald Trump également pointés du doigt
Au-delà des questions financières, les relations entre Gianni Infantino et le président américain Donald Trump alimentent également les critiques.
Selon Graham Dunbar, plusieurs opposants au président de la FIFA considèrent que l’organisation est devenue trop dépendante des décisions d’un seul homme, au détriment des procédures et des règles institutionnelles.
Ils dénoncent notamment la proximité politique d’Infantino avec Donald Trump, qu’ils jugent préjudiciable à l’image de la FIFA et à l’intégrité des compétitions internationales.
Ces critiques interviennent après la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Une FIFA financièrement puissante
Malgré cette crise de gouvernance, la FIFA affiche une situation financière solide.
La Coupe du monde 2026 a généré des revenus record, tandis que les réserves financières de l’organisation approchent désormais les six milliards de dollars.
Dans ce contexte, Gianni Infantino propose d’accorder 15 millions de dollars à chacune des 211 fédérations nationales membres de la FIFA.
Cette proposition intervient à quelques mois du scrutin présidentiel, auquel ces mêmes fédérations seront appelées à participer.
Une élection décisive prévue au Maroc
La prochaine élection présidentielle de la FIFA, prévue en mars au Maroc, s’annonce comme une échéance importante pour Gianni Infantino.
Ses détracteurs souhaitent faire émerger une candidature capable de proposer une autre gouvernance de l’institution.
Pour l’heure, le président de la FIFA conserve les commandes d’une organisation financièrement prospère, mais confrontée à des interrogations croissantes sur son fonctionnement.
L’enjeu des prochains mois sera donc autant politique qu’institutionnel : déterminer si Gianni Infantino peut conserver la confiance des fédérations membres face à une opposition qui cherche désormais à s’organiser.
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