Maurice
L’île Maurice amorce, mercredi 14 octobre, un retour progressif à la normale après plusieurs jours de tensions et une nuit agitée. Le gouvernement a instauré un couvre-feu de 20 h 30 à 6 h dans dix régions administratives, représentant environ un tiers du territoire, afin de prévenir de nouvelles violences.
Au petit matin, la police indiquait qu’aucune route n’était obstruée et que la circulation était praticable sur l’ensemble de l’île. Les transports en commun ont repris leur service dès 6 heures, tandis que les commerces et les entreprises ont rouvert leurs portes. Les crèches et les établissements scolaires restent toutefois fermés. L’organisation patronale Business Mauritius a, de son côté, appelé les employeurs à faire preuve de flexibilité.
Colère alimentée par les pénuries et le coût de la vie
Les troubles ont éclaté dans un contexte de mécontentement lié aux pénuries d’eau, qui affectent le pays depuis près de deux semaines, et à l’augmentation du coût de la vie. Des manifestants ont notamment bloqué des routes à l’aide de pneus incendiés.
La situation s’est aggravée après qu’un policier a grièvement blessé par balle une femme de 27 ans à Camp-Levieux, le vendredi 9 octobre. Selon des témoins, le fonctionnaire aurait ouvert le feu sans sommation. La victime, atteinte au visage, a été opérée avec succès par une équipe médicale venue d’Inde et demeure hospitalisée.
Le sergent mis en cause a été inculpé le 12 octobre pour plusieurs infractions liées à l’usage de son arme et aux blessures occasionnées. Placé en détention provisoire, il doit comparaître de nouveau devant la cour de Rose-Hill le 19 octobre.
Violences et arrestations
Dans les heures qui ont suivi le tir, plusieurs incidents ont été signalés, notamment des pillages dans deux supermarchés et des attaques contre des commissariats, au cours desquelles plusieurs policiers ont été blessés. Malgré le couvre-feu, des heurts ont également été recensés pendant la nuit de mardi à mercredi, donnant lieu à des interventions policières et à des arrestations. Le bilan global de ces incidents n’était pas encore établi mercredi matin.
Les contrevenants au couvre-feu s’exposent, selon les dispositions annoncées, à une amende de 50 000 roupies mauriciennes et à une peine pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement, des sanctions susceptibles d’être alourdies en cas de poursuites pour émeute. Des dérogations sont prévues pour les services essentiels et certaines nécessités, notamment les urgences médicales.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a promis d’identifier les responsables des violences et de les traduire en justice, tout en condamnant les actes qu’il juge contraires aux intérêts du pays.
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