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FMI : la dette africaine au cœur des débats à Bangkok

La ministre thaïlandaise des Finances, Ekniti Nitithanprapas (à gauche), et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva.   -  
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Thaïlande

Les perspectives de croissance de l'Afrique subsaharienne restent positives, mais la dette continue de peser lourdement sur les économies du continent. Réunis à Bangkok à l'occasion des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, les responsables africains plaident pour un allègement de la dette afin d'éviter un nouveau cycle d'austérité.

Le FMI a publié mardi son rapport Perspectives économiques mondiales, dans lequel il prévoit une croissance supérieure à 4 % en Afrique subsaharienne. Une prévision encourageante qui contraste toutefois avec la pression exercée par le poids de la dette publique dans plusieurs pays.

Selon les données présentées lors des réunions, le service de la dette absorbe désormais entre 30 et 50 % des recettes fiscales de certains États africains, limitant les investissements dans les secteurs essentiels comme la santé, l'éducation ou les infrastructures.

Le Fonds continue de recommander des réformes budgétaires visant à élargir l'assiette fiscale, réduire les subventions non ciblées et renforcer les réserves publiques. Mais ces mesures sont de plus en plus contestées sur le continent en raison de leurs conséquences sociales.

Au Kenya, les hausses d'impôts ont provoqué des manifestations meurtrières. Au Nigeria, la suppression des subventions aux carburants et la dévaluation de la monnaie ont alimenté une forte inflation et déclenché plusieurs mouvements de grève. D'autres pays, du Ghana à l'Afrique du Nord, font également face à une montée du mécontentement liée aux politiques d'austérité.

Pour Izasi Mukonyerwa, membre de la délégation du Zimbabwe, la question centrale est désormais celle de l'allègement de la dette.

« Le niveau de la dette souveraine est très élevé, mais les économies africaines n'ont pas les capacités nécessaires pour y faire face, notamment en raison des fortes tensions sociales et du manque d'infrastructures. La véritable question est de savoir si l'Afrique obtiendra un allègement de sa dette auprès de ses créanciers. Si c'est le cas, les pays disposeront d'une marge de manœuvre budgétaire qui leur permettra de renouer avec une croissance durable. »

Les ministres africains des Finances demandent ainsi au G20 et aux principaux créanciers internationaux d'accélérer les restructurations de dette dans le cadre du Cadre commun. Ils réclament notamment un calendrier de six mois pour le traitement des dossiers, la suspension des surcharges appliquées sur certains prêts du FMI et un allègement significatif du service de la dette, sans nouvelles conditions d'austérité.

À Bangkok, le débat dépasse désormais les seules prévisions économiques. Il porte sur la capacité des États africains à financer leur développement tout en répondant aux attentes de leurs populations. Pour les bailleurs de fonds, la discipline budgétaire reste indispensable au rétablissement de la confiance des marchés. Les dirigeants africains, eux, estiment qu'en l'absence d'un véritable allègement de la dette, les gouvernements n'auront d'autre choix que d'imposer de nouveaux sacrifices à des populations déjà fragilisées, au risque d'alimenter de nouvelles tensions sociales.

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