économie numérique
La croissance économique mondiale devrait s’établir à 3,1 %, tandis que l’inflation mondiale atteindrait 4,7 %, selon les dernières Perspectives économiques mondiales du Fonds monétaire international (FMI), publiées mardi. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la hausse des coûts énergétiques et l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes, les économies en développement font face à des défis croissants.
Si l’essor de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies soutient les perspectives des pays exportateurs de produits technologiques, de nombreuses économies vulnérables peinent à profiter de cette dynamique. Elles subissent simultanément les effets de la hausse des prix de l’énergie, des catastrophes climatiques et du poids de l’endettement.
Selon les données évoquées, plus de 60 % des pays à faible revenu sont déjà en situation de surendettement ou présentent un risque élevé de crise de la dette. Une situation qui réduit leurs marges de manœuvre budgétaires et complique le financement des services publics et des investissements nécessaires à leur développement.
Énergie et climat, un double défi pour les pays vulnérables
Lors des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, organisées à Bangkok, les représentants de plusieurs économies en développement ont souligné les conséquences des tensions internationales sur leurs perspectives économiques.
Les fluctuations des prix du pétrole et de l’énergie se répercutent sur les coûts du transport, des carburants et de nombreux biens et services. Ces pressions alimentent l’inflation et fragilisent davantage les ménages et les entreprises.
À ces difficultés s’ajoutent les conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes, qui affectent particulièrement les pays disposant de ressources limitées pour financer leur adaptation au changement climatique.
« Nous évoluons dans un environnement difficile, marqué par des enjeux géopolitiques qui influencent les prix du pétrole et de l’énergie, avec des répercussions sur les coûts du transport et des carburants dans tous les pays. Cela exerce de fortes pressions inflationnistes. À cela s’ajoutent les vulnérabilités climatiques, liées à l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes. De nombreux pays en développement sont particulièrement touchés et vulnérables. Je viens des Caraïbes, qui constituent la deuxième région la plus vulnérable au monde. »
Intelligence artificielle, une opportunité encore inégalement répartie
Malgré ces perspectives difficiles, le développement de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies représente un levier de croissance pour certaines économies. Les pays producteurs de technologies et ceux qui participent aux chaînes d’approvisionnement liées à l’IA bénéficient notamment de perspectives économiques plus favorables.
Toutefois, cette dynamique reste inégalement répartie. De nombreux pays en développement ne disposent pas encore des infrastructures numériques, des compétences spécialisées et des capacités d’investissement nécessaires pour tirer pleinement parti de ces innovations.
Pour Wayne Henry, le renforcement de la connectivité numérique constitue une priorité afin de réduire cet écart et de permettre aux économies vulnérables de mieux intégrer les nouvelles chaînes de valeur mondiales.
Parmi les éléments positifs, nous observons l’essor de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies. Les pays producteurs de technologies et d’IA, notamment ceux qui participent aux chaînes d’approvisionnement de l’intelligence artificielle, ont vu leurs perspectives de croissance revues à la hausse. Cependant, de nombreuses économies en développement, notamment dans certaines de nos régions, ne bénéficient pas de cette dynamique. Nous devons rattraper notre retard en renforçant la connectivité numérique afin de tirer davantage profit des avancées technologiques souligne Wayne Henry, président-directeur général de l’Institut de planification de la Jamaïque.
Discipline budgétaire et protection sociale
Face à l’aggravation des contraintes financières, les responsables économiques défendent une stratégie reposant sur deux priorités complémentaires : maîtriser les dépenses publiques et la dette, tout en préservant les dispositifs de protection sociale indispensables aux populations les plus vulnérables.
L’assainissement des finances publiques doit permettre aux États de retrouver des marges de manœuvre budgétaires. Mais les ajustements financiers risquent également de fragiliser les ménages si les dépenses essentielles, notamment dans la santé, l’éducation et les aides sociales, sont réduites sans précaution.
Parallèlement, les investissements dans les infrastructures numériques, l’accès à Internet et la formation doivent permettre aux pays en développement de participer davantage à la transformation technologique mondiale.
Un enjeu majeur pour l’économie mondiale
Les perspectives présentées par le FMI mettent en évidence les disparités entre les économies capables de bénéficier de l’essor technologique et celles qui restent exposées aux chocs énergétiques, climatiques et financiers.
Pour les pays à faible revenu, l’enjeu consiste désormais à concilier la stabilisation de la dette, la protection des populations et la modernisation de leurs économies.
L’amélioration de la connectivité numérique pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de croissance, à condition de s’accompagner d’investissements durables et de politiques publiques adaptées.
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