France
La diaspora malienne s'est réunie à Montreuil pour apporter son soutien au peuple malien et au gouvernement de transition.
En France, plusieurs centaines d’hommes et de femmes issus de la diaspora malienne se sont rassemblés à Montreuil, près de Paris. Un rassemblement visant à soutenir le gouvernement militaire malien après les attaques coordonnées des djihadistes et des séparatistes touaregs, survenues le week-end dernier.
Le pays abrite une forte communauté malienne, estimée à 80 000 personnes.
"Forcément, nous, on ne peut pas rester indifférents et vraiment on a des frères, des sœurs, des mères, des parents qui sont là-bas. Donc, on a estimé que, c'est vrai qu'on est de l'autre côté de la Méditerranée, et la meilleure façon, nous aussi, pour leur montrer qu'on est là, qu'on pense à eux, qu'on les soutient, c'était de tenir ce rassemblement ici aujourd'hui", explique Dalla Drame, présidente du Haut Conseil des Maliens de France.
La France s’est engagée au Mali dans la lutte contre le terrorisme. Dès 2012, plus de 4 000 soldats français ont été déployés pour contenir la progression d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, dans le cadre de l'opération Serval. Deux ans plus tard, ils étaient plus de 5 000, engagés dans l'opération Barkhane. Pourtant, dès l’arrivée au pouvoir des militaires, le Mali a progressivement mis fin aux relations avec la France.
Selon les analystes, ces dernières attaques constituent le défi le plus grave auquel l'État malien ait été confronté depuis l'offensive de mars 2012, qui avait été repoussée par les forces de l'ancienne puissance colonial. Ils sont nombreux aujourd’hui à appeler à une réaction de la France et de la communauté internationnale.
"Nous appelons le peuple français, le gouvernement français, les élites françaises et la communauté internationale à venir en aide au Mali", lance Djeneba Keita, adjointe au maire de Montreuil.
Pires attaques depuis l'arrivée des militaires au pouvoir
Des djihadistes et des séparatistes touaregs alliés au Mali ont pris le contrôle de la ville clé de Kidal, dans le nord du pays, à la suite d'attaques coordonnées contre des positions stratégiques de la junte, ont indiqué lundi des sources locales.
Deux jours de combats acharnés entre l'armée et les djihadistes alliés aux Touaregs ont soulevé des questions quant à l'avenir de la junte militaire au pouvoir.
Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué, tandis que le chef de la junte, le général Assimi Goita, qui a mené le coup d'État de 2020 ayant porté la junte au pouvoir, n'a pas été vu ni ne s'est exprimé publiquement depuis le début des combats ce week-end.
Plusieurs villes et zones stratégiques autour de la capitale, Bamako, ont été prises pour cible samedi à l'aube lors d'une offensive menée par les rebelles touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), un groupe djihadiste lié à Al-Qaïda.
Ni les djihadistes ni les séparatistes touaregs n'ont déclaré vouloir prendre le pouvoir.
Ils se sont en revanche emparés de Kidal, portant un coup dur à la junte militaire malienne.
Le gouvernement militaire a décrété deux jours de deuil national en hommage à Camara, ministre de la Défense âgé de 47 ans et figure clé de la junte.
Dans le seul bilan communiqué à ce jour concernant ces attaques, la junte a déclaré samedi que 16 civils et militaires avaient été blessés et que les dégâts matériels étaient "limités".
Elle n'a pas actualisé ce chiffre et, compte tenu de l'intensité des combats, le bilan pourrait être plus lourd.
L'armée a déclaré avoir tué plus de 200 "terroristes dans toutes les zones attaquées".
Mais la Coalition des forces pour la République, dans l'opposition, a déclaré que le Mali était "en danger".
La junte avait "promis aux Maliens la sécurité, la stabilité et le retour de l'État", mais après l'offensive du week-end, personne ne pouvait sérieusement affirmer que le pays était pacifié ou en sécurité, a-t-elle déclaré.
Depuis les attaques coordonnées de ce week-end, les réactions de soutien se multiplient à travers le monde. L'Alliance des États du Sahel (AES) dénonce "un complot soutenu par les ennemis de la libération du Sahel". Le secrétaire général des Nations unies, condamne des "actes de violence", tout comme l’Union européenne qui parle d'"une attaque terroriste".
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