Mali
Alors que près de 60 % des meurtres liés au terrorisme dans le monde se produisent en Afrique subsaharienne, les États-Unis cherchent à s’imposer comme un acteur clé dans la lutte contre l’État islamique et Al-Qaïda.
Le Sahel, région la plus touchée avec plus de 6 000 morts en 2025 (soit plus de la moitié des victimes mondiales), est le théâtre d’une escalade meurtrière, marquée par des alliances entre groupes séparatistes et terroristes.
Le général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM, a sonné l’alarme : « Aujourd’hui, l’épicentre du terrorisme mondial se trouve en Afrique. Les dirigeants de l’État islamique sont africains. Le moteur économique d’Al-Qaïda se trouve en Afrique. Ces deux groupes partagent la volonté et l’intention de frapper notre patrie. »
Au Sahel, le JNIM (affilié à Al-Qaïda) contrôle des zones stratégiques, asphyxiant l’approvisionnement en carburant autour des centres urbains. « La prise d’une capitale fournirait à Al-Qaïda tous les attributs d’un État-nation pour financer le terrorisme mondial », a-t-il averti.
Washington mise sur le Nigeria, malgré les controverses
Le général Anderson a salué la coopération renforcée entre les États-Unis et le Nigeria, un partenaire stratégique. Après des frappes aériennes américaines contre un groupe affilié à l’État islamique le 25 décembre 2025, il a souligné : « Nous travaillons en étroite collaboration avec le Nigeria, qui s’est montré très coopératif ces derniers mois en matière de partage de renseignements et de traque des menaces terroristes dans le nord du pays. Nous souhaitons rétablir des relations pragmatiques au Sahel, où l’État islamique dispose d’un bastion et détient actuellement un otage américain. »
Cependant, cette alliance est entachée par des accusations : l’armée nigériane est régulièrement pointée du doigt pour des frappes ayant tué des civils, comme celle du 11 mai 2026 à Tumfa (État de Zamfara), où au moins 100 personnes, dont des enfants, auraient péri.
Si Washington tente de consolider ses partenariats, certains pays du Sahel, comme le Niger, ont rompu leur coopération militaire avec les États-Unis. Ces derniers se tournent désormais vers d’autres alliés, comme la Côte d’Ivoire, pour maintenir une présence dans la région, alors que l’influence russe progresse.
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