Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

Infos

news

Soudan : l’Aïd dans l’ombre d'une guerre meurtrière

Des Soudanais se rassemblent pour la prière de l'Aïd al-Fitr, au Soudan, le vendredi 20 mars 2026. (Photo AP/Marwan Ali)   -  
Copyright © africanews
AP

Soudan

Vendredi, malgré la guerre qui déchire le Soudan, les musulmans du camp de Tawila, dans le Darfour-Nord, se sont réunis pour l’appel à la prière de l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du jeûne du Ramadan.

Mais cette célébration s’est tenue en plein champ de bataille, là où l’armée du général Al-Burhane et les forces paramilitaires de Hamdane Daglo s’affrontent sans relâche. Ici, la désolation a étouffé la joie.

« Comment célébrer l’Aïd alors que notre pays est en ruines ? Comment profiter de cette fête alors que nos cœurs sont lourds de chagrin ? Nous avons perdu tant de proches… Que Dieu nous donne la force. » Tayseer Adam, déplacée au camp de Tawila, résume l’amertume de milliers de Soudanais.

Depuis avril 2023, les combats entre l’armée nationale et les Forces de soutien rapide (RSF) ont fait des dizaines de milliers de morts et contraint plus de 11 millions de personnes à fuir leurs foyers. Les Nations unies qualifient cette crise de l’une des plus graves au monde. Au lieu de compter les jours de fête, les Soudanais comptent leurs morts.

« Où est l’Aïd ? Nous avons tout perdu lors des bombardements d’El Fasher. Cet Aïd n’en est pas un. Il ne reste plus de familles. » Eman Mansour, une autre déplacée, témoigne de l’absence de réjouissance, remplacée par le deuil et l’incompréhension.

Les violences récentes ont plongé des milliers d’enfants, assiégés depuis plus de 500 jours, dans une détresse extrême : bombardements, combats, pénuries de nourriture, d’eau et de médicaments. Les déplacements massifs, les contraintes humanitaires et la baisse des financements internationaux aggravent encore la situation.

« Nous appelons les organisations humanitaires à nous aider : abris, produits de première nécessité, soins pour nos enfants. Les femmes font face à des défis spécifiques et ont besoin de services adaptés. » Marwa Issa Mohamed, déplacée à Tawila, lance un appel désespéré.

Ce vendredi, des drones des Forces de soutien rapide (FSR) ont frappé la ville d’Al Dabbah, dans le nord du Soudan, endommageant une centrale électrique et plongeant la région dans le noir. La localité abrite des dizaines de milliers de déplacés du Darfour, notamment dans le camp d’Al-Affad, à 20 kilomètres de là.

L’Aïd el-Fitr, fête majeure de l’islam, devrait être un moment de paix et de partage. Mais au Soudan, elle est devenue le symbole d’une tragédie sans fin.

Voir plus