Soudan
Au moins 27 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans de nouveaux affrontements tribaux ayant eu lieu ces derniers jours dans l'ouest et le sud du Soudan, ont rapporté mardi dignitaires tribaux et responsables locaux.
Au moins 16 personnes ont été tuées dans des heurts entre tribus arabes et non-arabes dans la localité de Kolbus à 160 km d'El-Geneina, la capitale de l'Etat du Darfour-Ouest, selon des dignitaires des deux tribus rivales impliquées.
"Les violences sont nées d'un différend territorial entre un membre d'une tribu arabe et un agriculteur d'une tribu non-arabe", a indiqué un dignitaire de la tribu non-arabe Gimir. "Elles ont fait huit morts chez les Gimir et trois villages ont été incendiés".
Joint par téléphone par l'AFP, un dignitaire de la tribu arabe Rzeigat a de son côté fait état de "huit morts" dans ses rangs, affirmant que "les affrontements se poursuivent encore".
Dans le sud du pays, "au moins 11 personnes ont été tuées et 35 blessées dans des heurts entre les tribus (arabes) Kenana et al-Hawazma" dans la localité d'Abou Jebeiha dans l'Etat du Kordofan-Sud, a indiqué un résident impliqué dans la médiation en cours pour réconcilier les deux tribus. Ce médiateur, qui parlait sous le couvert de l'anonymat, a expliqué que la dispute avait commencé entre deux membres de ces tribus rivales, avant d'impliquer leurs communautés, qui ont fait usage "d'armes à feu". Les armes se sont finalement tues lundi soir, selon la même source.
Mardi, l'émissaire de l'ONU au Soudan, Volker Perthes, a plaidé sur Twitter pour des efforts de médiation afin de "protéger les civils" dans les zones où des heurts entre éleveurs et agriculteurs arabes et africains pour des disputes territoriales ou d'accès à l'eau font régulièrement des morts.
Au Darfour, où longtemps le règne militaro-islamiste d'Omar el-Béchir a utilisé les tribus arabes comme miliciens à son service, plus de 200 personnes ont ainsi trouvé la mort en avril. Pour les experts, cette flambée des violences s'explique en partie par le vide sécuritaire provoqué par le putsch mené en octobre par le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhan, qui a plongé un peu plus le pays, dans la détresse économique et politique.
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