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La CPI dénonce la décision américaine d'imposer des sanctions à la Cour

La juge Tomoko Akane se promène avant de prononcer le verdict dans l'affaire Al Hassan à la Cour pénale internationale de La Haye, aux Pays-Bas, ce mercredi 20 novembre 2024.   -  
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ANP EVA PLEVIER

La Haye

La Cour pénale internationale (CPI) a dénoncé mercredi les dernières sanctions américaines visant des hauts responsables de la CPI, dont sa présidente, les qualifiant d’« attaque flagrante » contre l’indépendance de ce tribunal international.

Le Département d’État a annoncé mardi avoir imposé des sanctions prévoyant le gel de tous leurs avoirs situés sur le territoire américain ou entrant en contact avec le système financier américain.

« Nous n’abandonnerons jamais, et la Cour a pris des mesures pour se prémunir contre les sanctions et limiter autant que possible leur impact sur ses activités. Mais il est évident que la Cour ne peut pas survivre seule. Je voudrais vous demander : quand l’Union européenne compte-t-elle agir et entamer le processus de modification de la loi de blocage ? », a déclaréla juge Tomoko Akane, présidente de la Cour pénale internationale.

Le Département d’État a annoncé mardi avoir imposé des sanctions à la présidente de la CPI, Tomoko Akane, de nationalité japonaise, et à Abdoulaye Seye, avocat principal de la CPI originaire du Sénégal, ces sanctions prévoyant le gel de tous leurs avoirs situés sur le territoire américain ou entrant en contact avec le système financier américain.

L’administration Trump a désormais imposé des sanctions à neuf des dix-huit juges de la CPI, à ses deux procureurs adjoints, à son ancien procureur général et à un autre membre du bureau du procureur, a indiqué la Cour.

Les États-Unis accusent la Cour d' outrepasser son mandat en enquêtant et en cherchant à poursuivre des hauts responsables militaires et politiques de pays, tels qu’Israël et les États-Unis, qui ne sont pas membres de la Cour.

Dans un communiqué, la Cour a déclaré que lorsque «des acteurs judiciaires sont menacés pour avoir appliqué la loi, c’est l’ordre juridique international lui-même qui est mis en danger». Elle a ajouté qu’elle «continuera à s’acquitter pleinement de son mandat avec indépendance et impartialité».

Dans un communiqué publié mardi, le secrétaire d’État Marco Rubio a qualifié la CPI de « cour supranationale corrompue et fatalement politisée qui a abusé de manière malveillante de son autorité et outrepassé son mandat ».

Cette décision intervient quelques semaines après que Marco Rubio eut annoncé que les États-Unis lançaient une « campagne de grande envergure visant à démanteler la menace que représente la Cour pénale internationale pour la souveraineté américaine ».