Afrique du Sud
En Afrique du Sud, près du Cap, un père et son fils se mobilisent pour sauver des colonies d’abeilles sauvages installées dans les zones résidentielles. Leur initiative vise à protéger les habitants tout en préservant ces insectes essentiels à la biodiversité.
À Somerset West, quelque 40 000 abeilles avaient élu domicile dans une structure de jardin en béton. Plutôt que de les exterminer, les responsables du site ont fait appel à Lourens Kruger et à son fils Dylan, spécialisés dans le déplacement des colonies sauvages.
Depuis 2018, leur organisation, Cape Honeybee Conservancy, a relogé plus de 250 colonies découvertes dans des maisons, des plafonds, des murs ou encore des arbres.
Selon Lourens Kruger, la présence d’abeilles à proximité des habitations suscite des inquiétudes, notamment chez les familles avec de jeunes enfants. Les risques de piqûres, parfois mortelles pour les animaux, expliquent pourquoi certaines colonies sont considérées comme dangereuses.
Pourtant, la plupart des abeilles sauvages vivent sans perturber les habitants. Mike Allsopp, chercheur au Conseil sud-africain de la recherche agricole, souligne que certaines colonies peuvent rester installées pendant des décennies sans même être repérées par les propriétaires.
Des refuges agricoles pour préserver la biodiversité
Le sauvetage de ces insectes nécessite une intervention minutieuse. Les apiculteurs transfèrent les rayons contenant la reine et les larves dans une nouvelle ruche. Les autres abeilles rejoignent ensuite progressivement la colonie.
Pour leur offrir un environnement adapté, Lourens Kruger a créé six refuges dans des exploitations agricoles de la région.
Parmi eux figure le domaine viticole biologique de Radford Dale, à Elgin, qui accueille déjà neuf ruches provenant de zones urbaines.
« Les vignobles n’ont pas nécessairement besoin des abeilles pour leur pollinisation, mais elles jouent un rôle essentiel dans l’écosystème agricole », explique Jeanne Joubert, responsable marketing du domaine.
L’absence de pesticides et d’herbicides dans cette exploitation biologique offre aux colonies relogées un environnement plus sûr.
Indigènes à la région du Cap, ces abeilles contribuent à la pollinisation des plantes sauvages et des cultures agricoles. Leur déplacement permet ainsi de limiter les risques pour les habitants sans sacrifier leur rôle dans la préservation de la biodiversité.
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