Gabon
Dans les forêts tropicales du Gabon, chaque expédition peut révéler de nouvelles espèces végétales. Pour les botanistes, cette richesse naturelle exceptionnelle, encore largement inexplorée, doit être mieux connue et répertoriée afin d’être préservée.
Au cœur de Libreville, le jardin botanique de Sibang est devenu un véritable laboratoire de recherche. Son directeur, Archange Boupoya, y travaille avec une équipe de botanistes pour inventorier la flore gabonaise et conserver les traces d’espèces parfois rares ou menacées.
« On ne peut pas préserver ce qu’on ne comprend pas », explique le chercheur, qui estime que le Gabon pourrait abriter entre 7 000 et 10 000 espèces végétales. Chaque année, les campagnes d’exploration permettent de découvrir en moyenne une dizaine de nouvelles espèces.
Le Gabon possède l’une des plus importantes couvertures forestières d’Afrique. Près de 90 % du territoire est recouvert de forêts tropicales, une partie importante restant encore difficilement accessible et peu étudiée. Le pays fait partie du bassin du Congo, considéré comme le deuxième grand massif forestier tropical de la planète après l’Amazonie.
Ces écosystèmes jouent un rôle majeur dans la régulation du climat en absorbant une partie du dioxyde de carbone responsable du réchauffement climatique. Mais cette biodiversité est aujourd’hui confrontée à de nombreuses menaces.
L’urbanisation, les grandes plantations de palmiers à huile, les activités minières, l’exploitation pétrolière et certains grands projets d’infrastructures fragilisent plusieurs habitats naturels.
Parmi les espèces préoccupantes figurent notamment certaines plantes aquatiques, comme les Podostemaceae, qui poussent près des cascades et dont certains habitats pourraient être affectés par des projets hydroélectriques.
Pour préserver ce patrimoine naturel, les botanistes poursuivent leurs missions de terrain, parfois pendant plusieurs semaines dans des zones difficiles d’accès. Les échantillons collectés sont ensuite étudiés et identifiés avec l’aide de partenaires scientifiques internationaux.
Mais les chercheurs alertent aussi sur le manque de moyens. Depuis l’incendie qui a touché l’ancien site de collection en 2016, une partie des archives botaniques du pays doit être conservée dans d’autres installations.
Alors que la protection de la biodiversité est au cœur des discussions internationales, notamment lors de la COP17 sur la biodiversité, les scientifiques gabonais rappellent l’urgence de poursuivre les recherches.
Pour Archange Boupoya, le défi est immense : « Nous avons encore beaucoup à faire et beaucoup à explorer » afin de préserver une flore dont une grande partie reste encore à découvrir.
02:25
Afrique du Sud : un père et son fils sauvent des colonies d’abeilles sauvages
02:30
Afrique du Sud : retour des baleines de l'Antarctique à Hermanus
01:59
Botswana : l’aigrette vineuse, sentinelle fragile du delta de l’Okavango
02:32
Afrique du Sud : la micro-grenouille, symbole d’un écosystème urbain à protéger
02:10
Afrique du Sud : les plantes succulentes menacées par le braconnage
02:39
Journée mondiale du lion : au Kenya, les fauves face à la perte de leur habitat