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Éthiopie : à Mekele, la Tigray Peace Force veut tourner la page du TPLF

Alemat Solomon, combattant de la Force de paix du Tigré à Mekelle, en Éthiopie, le 4 octobre 2026.   -  
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AP Photo

Ethiopie

Dans les rues de Mekele, les combattants de la Tigray Peace Force (TPF) veulent afficher leur victoire.

Cette milice, composée notamment d’anciens membres des forces tigréennes, combat désormais aux côtés de l’armée éthiopienne contre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Elle a participé à la prise de la capitale régionale, après le retrait des forces liées au TPLF.

Pour Alemat Solomon, membre de la TPF, cette entrée dans Mekele ne constitue pourtant pas un motif de réjouissance. « Les rues sont calmes, les magasins sont fermés », déplore-t-elle, soulignant le retard accumulé par la jeunesse du Tigré après plusieurs années de conflit. « Nous ne construisions pas et nous ne développions pas. Nous étions en guerre. »

Un constat qui illustre la situation d’une population déjà profondément éprouvée par la guerre de 2020-2022. Les commerces restent fermés dans la capitale et certains habitants ont organisé eux-mêmes leur sécurité, dans un contexte où les communications ont été fortement perturbées. Des habitants interrogés par l’AFP disent à la fois ressentir un soulagement face à la baisse immédiate des combats et craindre que le conflit ne s’installe dans la durée.

Pour Abrha Shumeye, commandant de la TPF chargé notamment des personnels et de la logistique, l’objectif est avant tout politique : mettre fin à l’influence exercée par l’ancienne direction du Tigré. « Notre principal objectif est d’éliminer l’influence que le groupe au pouvoir au Tigré exerçait sur la population », affirme-t-il. Selon lui, la population tigréenne aurait enfin la possibilité de « sortir de l’obscurité » après des années de domination et de guerre. Il assure que la TPF a atteint son objectif.

La prise de Mekele constitue un revers majeur pour le TPLF, qui avait lancé une offensive le 23 septembre avant de se retirer de la capitale. Mais elle ne signifie pas nécessairement la fin des hostilités. Le dirigeant du TPLF, Debretsion Gebremichael, a laissé entendre que ses forces poursuivraient le combat, faisant planer le risque d’une nouvelle phase de guérilla.

Guerre aux répercussions régionales

La nouvelle offensive ravive les souvenirs du conflit de 2020-2022, qui avait fait plus de 600 000 morts selon une estimation de l’Union africaine. L’accord de paix de Pretoria, conclu en 2022, avait permis de faire taire les armes sans régler l’ensemble des différends entre Addis-Abeba et le TPLF.

La crise dépasse désormais les frontières du Tigré. L’Éthiopie accuse l’Érythrée, ainsi que l’Égypte et le Soudan, de soutenir le camp opposé au gouvernement, ce que ces pays démentent. Les tensions avec Asmara se sont notamment aggravées jusqu’à la rupture des relations diplomatiques.

La perspective d’un conflit régional inquiète d’autant plus que les dirigeants égyptien, érythréen, somalien et soudanais se sont réunis dimanche à El-Alamein, en Égypte, pour appeler au règlement pacifique des différends.

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