Corruption
La justice britannique a acquitté mercredi Diezani Alison-Madueke de l’ensemble des charges de corruption retenues contre elle, à l’issue d’un procès tenu devant la Southwark Crown Court à Londres et engagé par la National Crime Agency. L’ancienne haute responsable, qui dirigea le portefeuille pétrolier nigérian entre 2010 et 2015 sous la présidence de Goodluck Jonathan, était poursuivie pour acceptation présumée d’avantages indus et complot de corruption.
Les procureurs l’accusaient d’avoir bénéficié d’un train de vie luxueux au Royaume-Uni — incluant résidences huppées, chauffeurs, vols privés, cadeaux de luxe et prise en charge de frais personnels — financé par des acteurs du secteur pétrolier en quête de contrats auprès de la compagnie pétrolière nationale Nigerian National Petroleum Corporation. La défense a soutenu que ces dépenses étaient soit justifiées par des fonctions officielles, soit remboursées, et a contesté la solidité des preuves.
Après plus de 46 heures de délibérations, les jurés ont retenu la non-culpabilité sur les six chefs d’accusation. Deux autres prévenus ont également été acquittés : Olatimbo Ayinde et Doye Agama. Les charges concernaient notamment des soupçons de corruption liés à des intermédiaires du secteur énergétique et à des versements effectués à des tiers.
À l’issue du verdict, Mme Alison-Madueke a salué la fin d’une procédure qu’elle a qualifiée de « cauchemar » ayant duré plus de onze ans. Ses avocats ont dénoncé les retards et les difficultés d’accès à certaines pièces du dossier, tandis que la justice britannique a rappelé la complexité des enquêtes visant des élites politiques internationales.
Cette affaire, suivie de longue date par les autorités britanniques, nigérianes et américaines — notamment le United States Department of Justice — reposait sur des soupçons de blanchiment et d’attribution irrégulière de contrats pétroliers. Elle avait également impliqué l’ancien haut responsable pétrolier Emmanuel Ibe Kachikwu et suscité des controverses autour de signalements de corruption.
Si ce verdict met fin aux poursuites au Royaume-Uni, l’ancienne ministre, première femme à avoir présidé l’OPEC entre 2014 et 2015, reste impliquée dans d’autres procédures internationales, notamment aux États-Unis, et a déjà vu plusieurs biens saisis au Nigeria dans le cadre d’enquêtes connexes. Elle demeure ainsi au centre d’un dossier tentaculaire, emblématique des difficultés à poursuivre judiciairement les élites politiques transnationales.
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