Burkina Faso
Au Burkina Faso, la junte militaire a ordonné la fermeture jusqu’à nouvel ordre de la grande mosquée sunnite de Ouagadougou. Les autorités évoquent un risque de troubles à l’ordre public.
Cette décision intervient après plusieurs jours de tensions provoquées par l’arrestation d’un prédicateur sunnite influent, Mohamad Ishaq Kindo.
L’imam avait critiqué un projet de loi visant à encadrer davantage l’exercice des libertés religieuses dans ce pays où près de 60 % de la population est musulmane.
À la suite de son arrestation, des fidèles se sont rassemblés devant la mosquée pour réclamer sa libération. Les forces de sécurité ont dispersé les manifestants.
Selon plusieurs sources, des dizaines de personnes ont été interpellées. Une source sécuritaire affirme qu’environ une centaine de partisans de l’imam ont été arrêtés ces derniers jours et transférés dans un camp pour suivre une formation dite « civique et citoyenne ».
La fermeture de la mosquée a été officialisée par un décret du gouverneur de la région de Ouagadougou.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le capitaine Ibrahim Traoré dirige le pays sous régime militaire. Les autorités justifient ces mesures par la nécessité de lutter contre les groupes djihadistes qui frappent le Burkina Faso depuis plus d’une décennie.
Cette nouvelle décision intervient quelques jours après la suspension du principal syndicat étudiant du pays et l’arrestation de son dirigeant, accusé d’« apologie du terrorisme », dans un contexte de durcissement du pouvoir face aux voix critiques.
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