Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

Infos

news

Burkina Faso : pourquoi les ONG sont-elles devenues la cible du pouvoir militaire ?

Les supporters du capitaine Ibrahim Traoré se réjouissent dans les rues de Ouagadougou, au Burkina Faso, ce dimanche 2 octobre 2022.   -  
Copyright © africanews
Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.

Burkina Faso

Les autorités militaires du Burkina Faso ont suspendu mardi 247 associations supplémentaires, portant à plus de 900 le nombre total d’organisations fermées ou dissoutes depuis le début d’une nouvelle vague de répression engagée le mois dernier.

Selon un décret du ministère de l’Administration territoriale, les associations concernées, toutes basées au Burkina Faso, interviennent dans plusieurs secteurs, notamment la santé, l’éducation, les droits des femmes, l’agriculture, l’environnement, la culture et le sport. Le gouvernement justifie cette décision par le non-renouvellement des instances dirigeantes de ces structures, en conformité avec leurs statuts, leur règlement intérieur et la législation en vigueur. Le ministère précise que la levée de la suspension dépendra de l’obtention d’une attestation officielle de renouvellement.

Depuis son arrivée au pouvoir après le coup d’État de 2022, la junte dirigée par Ibrahim Traoré cherche à consolider son autorité. Les ONG, notamment celles actives dans la défense des droits humains, la gouvernance ou la liberté d’expression, sont parfois perçues comme des contre-pouvoirs susceptibles de critiquer les décisions du régime ou de documenter d’éventuels abus. Ouagadougou accuse régulièrement certaines ONG internationales ou locales recevant des financements extérieurs d’être influencées par des intérêts étrangers. Dans un contexte de montée du discours souverainiste, la junte présente parfois ces organisations comme des relais d’ingérence occidentale ou comme des acteurs poursuivant des agendas incompatibles avec les priorités nationales.

En juillet 2025, le chef de la transition a promulgué une loi renforçant le contrôle sur les organisations de défense des droits humains et les syndicats, suscitant de vives inquiétudes au sein de la société civile. Le décret publié mardi précise que, durant la période de suspension, seules les démarches destinées à mettre les associations en conformité avec la loi seront autorisées.

Les ONG internationales et les organisations caritatives bénéficiant de financements étrangers sont régulièrement accusées par les autorités de collusion avec les groupes djihadistes qui combattent l’armée ou d’activités d’espionnage.

En avril, Human Rights Watch avait averti que cette nouvelle législation offrait à la junte un cadre légal pour intensifier une répression déjà jugée généralisée contre la société civile. Pour les défenseurs des droits humains, ces mesures traduisent une réduction progressive de l’espace civique. Pour les autorités, elles relèvent d’une volonté de réorganiser et de réguler un secteur jugé insuffisamment encadré.

Voir plus