Afrique du Sud
En Afrique du Sud, les députés de l’opposition ont quitté l’Hémicycle lors d'une séance de questions-réponses du président, pour exprimer leur mécontentement. Cyril Ramaphosa fait l'objet d'accusations de fautes graves, ils exigent sa démission.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a exclu lundi toute démission et a déclaré qu’il contesterait devant les tribunaux la procédure de destitution engagée à son encontre dans le cadre d’un scandale lié au vol d'une importante somme d'argent dans l'une de ses résidences.
L’affaire a refait surface la semaine dernière après qu’une décision de justice a annulé le rejet d’un rapport parlementaire de 2022 qui concluait que Ramaphosa "aurait pu commettre" des violations graves et des fautes professionnelles.
Le chef de l'État, âgé de 73 ans, a été accusé d'avoir dissimulé à la police et aux autorités fiscales un cambriolage et un vol de sommes importantes en devises étrangères, qui auraient été cachées dans des meubles de sa luxueuse ferme de Phala Phala, dans la province septentrionale du Limpopo, en 2020.
Dans un discours télévisé, Ramaphosa a déclaré que rien dans la décision rendue vendredi par la Cour constitutionnelle ne justifiait une procédure de destitution ou sa destitution.
"Je tiens donc respectueusement à préciser que je ne démissionnerai pas", a-t-il déclaré, ajoutant que s’il le faisait, cela "donnerait du crédit" au rapport parlementaire "entaché d’irrégularités".
"Je reste ici et je ne démissionnerai pas", a-t-il déclaré.
Une commission indépendante a estimé que Ramaphosa "aurait pu commettre" de graves violations et des fautes graves en lien avec le cambriolage.
Mais le Parlement, alors contrôlé par son parti, le Congrès national africain (ANC), a refusé en 2022 d’ouvrir une procédure de destitution qui aurait pu le contraindre à quitter ses fonctions.
La Cour constitutionnelle a ordonné que le rapport du comité soit transmis à une commission de destitution, en réponse à une plainte déposée par le parti d’extrême gauche Economic Freedom Fighters (EFF).
À l'approche des élections municipales du 4 novembre, l'ANC perd du terrain en raison de promesses politiques non tenues et d'accusations persistantes de corruption et de mauvaise gouvernance.
Ramaphosa, dont le bureau a déclaré la semaine dernière qu'il "prenait note" et respectait le jugement de la cour, a indiqué dans son discours qu'on lui avait conseillé de demander un examen juridique du rapport de la commission.
Cette révision examinerait d'éventuelles "interprétations erronées de son mandat, de graves erreurs de droit et des conclusions factuelles infondées", a-t-il ajouté.
Ramaphosa, ancien militant anti-apartheid devenu homme d'affaires avant de se lancer en politique, a nié toute implication dans ce scandale.
Il a reconnu le cambriolage mais a réfuté les allégations d'un ancien chef des services de renseignement selon lesquelles il aurait fait enlever les voleurs pour tenter de dissimuler les faits.
Il a déclaré avoir signalé le cambriolage à la police et expliqué que l'argent provenait de la vente de 20 buffles pour un montant de 580 000 dollars.
01:38
Afrique du Sud : le président Ramaphosa n'entend pas démissionner
Aller à la video
"Farmgate" : le président sud-africain de nouveau menacé de destitution
Aller à la video
Afrique du Sud : le chef de la police suspendu pour soupcons de corruption
Aller à la video
Le pont Senqu au cœur d’un projet hydrique entre l'Afrique du Sud et le Lesotho
01:54
Allemagne : Lula défend la participation de l'Afrique du Sud au G20
01:58
Afrique du Sud : condamné à 5 ans de prison, Malema interjette appel