Afrique du Sud
Des centaines de ressortissants étrangers, principalement originaires du Malawi, du Mozambique, de Somalie, du Zimbabwe ou encore de la République démocratique du Congo, ont trouvé refuge dans des centres communautaires de la région côtière du Cap-Occidental après avoir été contraints de quitter leurs logements par des groupes hostiles aux migrants.
À Gansbaai et dans plusieurs localités voisines, des habitants ont mené des opérations de porte-à-porte pour exiger le départ des étrangers, sans distinction de statut administratif. « Ils nous ont simplement chassés comme des chiens. C’est injuste, parce que je suis un être humain », témoigne Thomas Vincent Baloyoi, un ressortissant malawien déplacé. Selon plusieurs victimes, certaines ont passé plusieurs nuits dans la brousse avant de rejoindre les centres d’accueil. « Beaucoup ont peur. Certains restent encore chez eux mais n’osent plus sortir », rapporte Michael Markson, lui aussi déplacé.
La situation est particulièrement tendue à Mossel Bay, où plus de cinquante habitations ont été incendiées. Selon le gouvernement mozambicain, environ 800 de ses ressortissants ont été pris à partie lors des violences et cinq personnes ont trouvé la mort dans des agressions à caractère xénophobe. Les autorités sud-africaines ont confirmé plusieurs décès, sans établir officiellement de lien direct avec les manifestations anti-migrants.
Face à l’urgence, la municipalité d’Overstrand maintient ouverts plusieurs centres d’accueil temporaires. « Nous resterons ouverts jusqu’à ce que la situation soit réglée. Nous n’expulserons personne », a assuré son porte-parole, Grant Cohen, alors que de nouveaux déplacés continuent d’arriver chaque jour.
Les conséquences régionales se multiplient. Près de 300 Mozambicains sont déjà rentrés volontairement dans leur pays et plus de 500 autres doivent être évacués. Le Ghana a également rapatrié plusieurs centaines de ses ressortissants, tandis que d’autres États africains préparent des opérations similaires.
Cette nouvelle vague de violences ravive les inquiétudes autour de la xénophobie récurrente en Afrique du Sud, où les migrants sont régulièrement accusés d’être responsables du chômage et de l’insécurité.
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