Kenya
L’Afrique devrait accueillir à bras ouverts tous les investisseurs étrangers et mettre de côté le passé colonial, a affirmé l’homme d’affaires et philanthrope nigérian Tony Elumelu à l'AFP.
Tony Elumelu, 63 ans, est l’un des hommes les plus riches du continent africain. Il préside plusieurs établissements bancaires et sociétés d'investissement, notamment Heirs Holdings, Transcorp et la United Bank for Africa.
"Ce dont nous avons besoin en Afrique au XXIe siècle… c’est d’un afflux massif de capitaux privés internationaux vers le continent," a déclaré M. Elumelu en marge du sommet Africa Forward qui s’est tenu cette semaine à Nairobi, co-organisé par la France et le Kenya.
"Quiconque peut nous aider à relever ce défi est le bienvenu en Afrique," a-t-il ajouté, qu’il s’agisse des États-Unis, de la France, des pays du Moyen-Orient, de la Russie ou de la Chine.
Passé colonial
Le président français Emmanuel Macron a récemment choisi M. Elumelu pour rejoindre l’Africa France Impact Coalition, qui vise à promouvoir les échanges commerciaux entre les entreprises françaises et africaines.
En raison de son passé colonial, la France reste un partenaire controversé dans de nombreuses régions d'Afrique.
Des arrestations ont eu lieu cette semaine à Nairobi après qu’un petit groupe de manifestants a tenté de pénétrer dans le sommet, accusant la France de "néocolonialisme."
Tony Elumelu rejette ces critiques.
"Nous devons mettre fin à cette mentalité de victime," a-t-il déclaré à l'AFP. "Nous devons avoir conscience de l'histoire, de notre histoire, mais surtout, nous devons nous engager pour l'avenir."
"Le président Macron n'est pas né il y a 100 ans, nous sommes dans une nouvelle ère. Et je soutiens son engagement envers l'Afrique, car je crois en sa sincérité," a-t-il ajouté.
De meilleures infrastructures
À travers ses sociétés d’investissement, M. Elumelu compte des intérêts dans de nombreux secteurs, de l’hôtellerie à l’immobilier, en passant par l’énergie, l'agroalimentaire et les services financiers.
Le besoin urgent aujourd'hui est de disposer de meilleures infrastructures, a-t-il déclaré.
L’Afrique est devenue le théâtre d’une concurrence économique entre plusieurs puissances, notamment les États-Unis, la Chine, l’Europe, la Russie, la Turquie et les monarchies du Golfe.
"En tant qu'Africains, nous sommes dans une bonne position à l'heure actuelle," a-t-il déclaré.
L'âge médian des Africains étant inférieur à 20 ans, M. Elumelu a déclaré que l'objectif ultime du développement devait être la création rapide d'emplois.
"Ils ont besoin d'emplois, ils ont besoin d'un meilleur accès à l'électricité, ils ont besoin de se connecter à Internet [et] de prendre le train de l'IA en marche," a-t-il déclaré.
"Ce qui importe, c'est de fournir ces moyens, ces infrastructures nécessaires, afin que nos jeunes puissent prendre leur envol."
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