Sénégal
Sur les plages de Dakar, une vingtaine de jeunes filles s’initient au surf. Mais avant d’attraper les vagues, elles doivent d’abord remplir une condition essentielle, être inscrites à l’école.
Cette exigence est au cœur de la première édition de la Surf Academy, un programme lancé par l’ONG américaine Black Girls Surf, dont l’ambition est d’augmenter le nombre de femmes noires pratiquant le surf tout en favorisant l’accès à l’éducation.
Au-delà de la planche, l’académie propose un véritable programme de développement, combinant suivi scolaire, encadrement personnel et apprentissage sportif. Pour sa fondatrice, Rhonda Harper, l’enjeu est clair : lever les obstacles économiques et sociaux qui freinent la scolarisation des filles en Afrique de l’Ouest.
Selon elle, dans de nombreuses familles, envoyer une fille à l’école représente un coût difficile à assumer. Lorsque les revenus sont faibles, le choix se fait parfois entre se nourrir et scolariser son enfant. En prenant en charge ces contraintes, le programme permet aux parents de voir leurs filles retourner à l’école et envisager un avenir différent.
Si la partie sportive de l’académie s’est achevée fin janvier, l’accompagnement scolaire se poursuit jusqu’au mois de juillet. Six participantes déjà scolarisées ont rejoint le programme dans le cadre d’activités extrascolaires et le week-end. Les premiers résultats sont encourageants : plusieurs jeunes filles formées par Black Girls Surf participent aujourd’hui à des compétitions nationales, certaines remportant même des titres.
L’académie de surf de Dakar a été organisée par Khadjou Sambe, première surfeuse professionnelle du Sénégal et vice-présidente de la section locale de Black Girls Surf. Pendant quatre mois, le programme a accueilli 23 filles âgées de 7 à 17 ans, dont 17 n’étaient jamais allées à l’école ou avaient interrompu leur scolarité.
Pour Khadjou Sambe, le chemin a lui aussi été semé d’embûches. Dans un milieu longtemps perçu comme masculin, elle a dû affronter les stéréotypes et l’opposition de son entourage. Aujourd’hui, elle espère que son parcours servira d’exemple et encouragera d’autres jeunes filles à suivre la même voie.
Si le surf ne figure pas au programme des Jeux olympiques de la jeunesse, au grand regret de la communauté des surfeurs dakarois, ces jeunes filles continuent néanmoins de tracer leur route. Entre école, sport et ambition, elles prouvent que les vagues peuvent aussi devenir un outil d’émancipation.
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