Italie
Ngonmo, Camerounaise-Italienne de 38 ans, a consacré sa carrière à promouvoir la visibilité des Africains et des personnes racisées dans la mode italienne et les industries créatives.
Fondée il y a dix ans, son association Afrofashion organise des défilés, accompagne de jeunes talents et récompense les créations originales à travers les Black Carpet Awards. Pendant plusieurs saisons, Afrofashion, l'association de Michelle Francine Ngonmo, a accompagné des créateurs de couleur sous le slogan « We Are Made in Italy » (WAMI). Mais avec le temps, l’intérêt médiatique s’est essoufflé, les financements dédiés à la diversité et à l’inclusion se sont raréfiés, tandis que l’ensemble du secteur traversait une crise économique.
À l’époque, il y avait une forte demande pour mettre en lumière les créateurs, en particulier les créateurs noirs, en Italie. Puis, progressivement, le rideau est retombé, faute d’attention. Aujourd’hui, nous voulons nous concentrer sur les entreprises et les institutions qui sont restées à nos côtés durant ces six dernières années et analyser les résultats obtenus explique Michelle Francine Ngonmo.
Parmi ces soutiens figure la Chambre nationale italienne de la mode, qui a accompagné le projet WAMI et offre une vitrine aux talents noirs émergents lors de la Fashion Week de Milan. C’est notamment le cas de Victor-Hart, la marque du créateur ghanéen Victor Reginald Bob Abbey-Hart, qui a présenté samedi une collection majoritairement composée de pièces en denim.
Travailler en tant que Ghanéen est difficile à cause de la discrimination. Parfois, on est disqualifié avant même d’entrer dans la salle d’entretien. Je veux que les gens regardent simplement mon travail, pas la couleur de ma peau. Si je ne suis pas qualifié, je l’accepte. Mais si je le suis, il n’y a aucune raison de m’exclure.
Si l’industrie de la mode communique peu de données sur la diversité, le manque de représentation reste manifeste. Plusieurs grandes maisons ont d’ailleurs été éclaboussées par des scandales liés à des campagnes ou des créations jugées racistes.
Selon le président de la Chambre nationale italienne de la mode, Carlo Capasa, les projets menés avec l’Afrofashion Association ont permis d’apporter visibilité et soutien en coulisses à plus de 30 créateurs de couleur lors des récentes semaines de la mode : la diversité et l’inclusion restent des enjeux majeurs partout dans le monde, y compris en Italie. Cela ne concerne pas seulement les questions de race ou de religion, mais aussi les inégalités entre les hommes et les femmes, notamment au travail, où les femmes gagnent encore environ 20 % de moins.
Grâce à l’accompagnement de Michelle Francine Ngonmo, Victor-Hart est passé d’une présentation aux Black Carpet Awards à un défilé officiel lors de la Fashion Week de Milan en septembre
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