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Le Togo extrade l’ex-dirigeant burkinabé Damiba vers Ouagadougou

Paul Henri Sandaogo Damiba au siège de l'ONU, le 23 septembre 2022.   -  
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Julia Nikhinson - Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Togo

Le Togo a extradé vers le Burkina Faso l’ancien président de transition Paul-Henri Sandaogo Damiba, accusé par les autorités burkinabè d’avoir fomenté plusieurs tentatives de coup d’État, a annoncé mardi le gouvernement togolais.

L’ex-dirigeant, en exil à Lomé depuis sa chute en 2022, a été remis aux autorités de Ouagadougou le 17 janvier 2026.

« À la suite d’un avis favorable de la chambre d’instruction, M. Paul-Henri Sandaogo Damiba a été remis aux autorités de la République du Burkina Faso le 17 janvier 2026 », a déclaré Gérard Lagoudou, présentateur de la Télévision togolaise (TVT), dans une annonce officielle.

Arrivé au pouvoir en janvier 2022 à la faveur d’un coup d’État contre le président élu Roch Marc Christian Kaboré, Paul-Henri Sandaogo Damiba avait lui-même été renversé neuf mois plus tard par un putsch conduit par le capitaine Ibrahim Traoré, actuel chef de la junte burkinabè. Depuis son départ en exil au Togo, il était régulièrement accusé par les autorités militaires de Ouagadougou d’être le cerveau de projets de déstabilisation et de tentatives d’assassinat, la dernière remonterait au début du mois de janvier.

Selon un communiqué du ministre togolais de la Justice, Pacome Adjourouvi, M. Damiba a été arrêté à Lomé le 16 janvier, « en exécution d’un mandat d’arrêt accompagné d’une demande d’extradition » transmise quatre jours plus tôt par le Burkina Faso. Il a été remis aux autorités burkinabè dès le lendemain de son interpellation.

L’ancien chef de la transition est poursuivi pour de lourdes charges, notamment « détournement criminel de fonds publics, enrichissement illicite, corruption, incitation à commettre des infractions et des crimes, dissimulation aggravée et blanchiment d’argent ». Le ministre togolais de la Justice a précisé que l’extradition avait été accordée après que le Burkina Faso a fourni des garanties concernant l’intégrité physique de l’accusé et son droit à un procès équitable, soulignant également l’« absence de peine de mort », bien que celle-ci ait été récemment rétablie au Burkina Faso pour les crimes de haute trahison.

Cette extradition intervient dans un contexte politique et sécuritaire tendu au Burkina Faso, où la junte du capitaine Ibrahim Traoré affirme régulièrement déjouer des complots internes, tandis que le pays reste confronté à une grave insécurité liée aux violences djihadistes.

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