Côte d'Ivoire
La Cour pénale internationale (CPI) a “intensifié ses enquêtes” sur les responsables des violences post-électorales en Côte d’Ivoire, “quel que soit leur statut ou appartenance politique”, a affirmé mercredi sa procureure au quotidien public ivoirien Fraternité Matin.
“Les enquêtes du bureau (…) se sont intensifiés depuis 2015” et, “dans l’exercice de mon mandat, mon bureau en toute indépendance et impartialité, s’emploiera à faire traduire en justice les principaux responsables des violences post électorales (…) quel que soit leur statut ou appartenance politique”, affirme Fatou Bensouda.
“Afin de protéger l’intégralité de la procédure, ainsi que les témoins qui y sont associés, ces enquêtes sont par définition, menées en toutes discrétion et confidentialité” a-t-elle précisé sans citer de noms.
La procureure de la CPI enquête depuis 2011 sur ces violences nées du refus du président sortant Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de décembre 2010. Ces violences ont fait quelque 3.000 morts en cinq mois, selon l’ONU.
Mais seules des figures du camp Gbagbo, dont M. Gbagbo lui-même, ont jusqu‘à présent été inculpées. Si les deux camps se sont montrés coupables d’exactions pendant la crise, aucun responsable pro-Ouattara n’a à ce jour été inquiété, ce qui nourrit les accusations dans l’opposition de “justice des vainqueurs”.
L’ancien président Gbagbo, âgé aujourd’hui de 72 ans, ainsi que Charles Blé Goudé, ancien chef du mouvement des Jeunes patriotes fidèles à l’ex dirigeant, sont jugés à la CPI pour quatre chefs de crimes contre l’humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Les deux hommes ont plaidé non coupable.
Interrogé sur le transfèrement de Simone Gbagbo, l‘épouse de Laurent Gbagbo, à la CPI, Mme Bensouda a répondu: “le mandat d’arrêt délivré par les juges de la CPI, en février 2012, à l’encontre de Mme Gbagbo est en cours et la Côte d’Ivoire demeure dans l’obligation de la remettre à la Cour”.
Le président Ouattara a affirmé en février 2016 qu’il “n’enverrait plus d’Ivoiriens” à la CPI, estimant que son pays avait désormais une “justice opérationnelle”.
AFP
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