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Guinée-Bissau : un essai clinique controversé sur les nourrissons autorisé à se poursuivre

Sur cette photo prise le 25 mai 2012, des nouveau-nés emmaillotés dans du tissu sont allongés dans la salle d'accouchement de l'hôpital régional de Gabu, en Guinée-Bissau.   -  
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Guinée-Bissau

En Guinée-Bissau, un essai clinique controversé sur la protection des nouveau-nés de l’hépatite B, a reçu ces derniers jours l’autorisation de se poursuivre.

Des chercheurs danois prévoient de recruter 14 000 nourrissons et d’en priver la moitié de vaccination durant les six premières semaines de leur vie, contre les préconisations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L'ombre de Robert Francis Kennedy Jr.

Face au tollé qu’avait suscité ce projet, financé en partie par les États-Unis dont le ministre de la Santé Robert Francis Kennedy Jr. attaque régulièrement l’efficacité des vaccins, il avait été suspendu en début d’année.

Lors d’une conférence anti-vaccins le mois dernier, Robert Francis Kennedy Jr. a fait l’éloge des chercheurs danois à l’origine de cet essai l'a présenté comme illustrant le programme de l’administration Trump en matière de vaccins, qui a notamment consisté à réduire considérablement les recommandations vaccinales et à semer le doute sur la sécurité et l’efficacité des vaccins.

Robert Francis Kennedy Jr. "veut faire en sorte que nous n’utilisions pas de dose à la naissance ici, dans ce pays", selon Paul Offit, médecin spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital des enfants de Philadelphie. "C’est l’objectif." Il ne pourrait jamais mener cet essai aux États-Unis en raison des importantes questions éthiques qu’il soulève, estime le médecin. "Il profite d’un pays en développement… Est-ce parce que les enfants en Afrique sont plus sacrifiables que les enfants d’ici ?"

Démissions au comité d’éthique de l’université de Danemark du Sud

Selon plusieurs médias dont le Guardian, un nouveau protocole inclue désormais le dépistage de l’hépatite B chez les mères avant l’accouchement. Un dépistage qui présente toutefois un taux de faux négatifs de 5 %.

Le feu vert a été donné à la fois par les autorités de Guinée-Bissau et par le comité d’éthique de l’université de Danemark du Sud, où sont rattachés les chercheurs.

Mais plusieurs membres de ce comité, qui s’opposent à ce projet, ont décidé de démissionner. Parmi eux, Stig Børsen Hansen, membre fondateur et l’un des deux experts ayant présenté l’étude au comité danois. Il invoque de graves problèmes éthiques liés à cette étude. "Vous inscrivez désormais des nouveau-nés à une loterie pour tester une hypothèse."

La Guinée-Bissau affiche l’un des taux d’hépatite B les plus élevés au monde, avec environ 18 % des adultes porteurs du virus.