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Maroc : des législatives sous pression, sur fond de crise sociale

Un électeur vote à Rabat, le 23 septembre 2026. (AP Photo/Mosa'ab Elshamy)   -  
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Maroc

Les Marocains se sont rendus aux urnes mercredi pour élire un nouveau Parlement, avec le pouvoir d’achat, l’emploi et les inégalités au cœur des préoccupations des électeurs, dans un contexte de défiance généralisée à l’égard des partis politiques.

Près de 16 millions de Marocains sont inscrits sur les listes électorales pour élire les 395 membres de la Chambre des représentants. Les bureaux de vote ont ouvert à 8 heures (08h00 GMT) et devaient fermer à 19 heures. Les premiers résultats doivent être annoncés dans la nuit.

Dans un bureau de vote installé dans une école du centre de la capitale, Rabat, une douzaine de personnes se sont présentées dès l’ouverture pour déposer leur bulletin.

"Je suis venu voter dans l’espoir que la situation s’améliore", a déclaré un homme de 42 ans, qui a souhaité rester anonyme.

La participation, notamment celle des jeunes, constituera un enjeu majeur de ce scrutin, les 18-24 ans ne représentant que 4 % des électeurs inscrits.

Le scrutin intervient moins de deux mois après l’afflux massif, principalement de jeunes migrants marocains, vers l’enclave espagnole voisine de Ceuta.

Cet épisode, qui a ravivé les tensions entre Rabat et Madrid, n’a toutefois pas constitué un thème central de la campagne, les partis ayant plutôt mis l’accent sur des promesses visant à améliorer les conditions de vie au Maroc. La hausse du chômage, l’augmentation des prix, les inégalités et la défiance envers les responsables politiques étaient les sujets majeurs.

Hausse des salaires

Les sondages d’opinion étant interdits par la loi électorale marocaine, les observateurs considèrent le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui dirige actuellement la coalition gouvernementale, comme faisant partie des formations susceptibles d'obtenir de nombreux sièges.

Le Premier ministre Aziz Akhannouch a dirigé la campagne de son parti, bien qu’il ait quitté la présidence du RNI, ce qui l’empêchera de diriger le prochain gouvernement si son parti arrive en tête.

Aziz Akhannouch a défendu le bilan de son gouvernement, notamment l’élargissement de la couverture sociale, et promis que le RNI irait plus loin s’il était reconduit.

"Nous avons accompli un travail assez important au sein du gouvernement", a-t-il déclaré lors d’un récent meeting.

"Nous avons mené des réformes dans l’éducation et la santé, nous avons augmenté les salaires… nous étions là lorsque les Marocains avaient besoin de nous."

Le riche homme d’affaires fait néanmoins régulièrement l’objet d’accusations de conflits d’intérêts concernant son entreprise Afriquia, le principal distributeur de carburants au Maroc.

Aziz Akhannouch a également fait face à de nombreux appels à sa démission de la part d’un mouvement de contestation porté par des jeunes et réclamant de meilleurs services de santé et d’éducation.

Le principal rival du RNI est le Parti authenticité et modernité (PAM). Les deux formations de centre droit sont proches sur le plan idéologique et ont été fondées par des personnalités ayant des liens avec le palais royal.

"Une valeur ajoutée"

Le PAM a recruté une personnalité populaire, le ministre du Budget Fouzi Lekjaa, davantage connu pour ses fonctions à la tête de la Fédération royale marocaine de football.

"Nous voulons faire des jeunes une force capable d’apporter une valeur ajoutée plutôt que de les laisser à l’écart", a récemment déclaré Fouzi Lekjaa, promettant une hausse des salaires et du pouvoir d’achat.

Mais le PAM ne dispose pas d’un dirigeant clairement identifié, et son autre personnalité de premier plan est Fatima Ezzahra Mansouri, actuellement ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech, qui pourrait devenir la première femme à diriger le gouvernement marocain.

Le PAM a également été éclaboussé par un scandale de corruption. En juin, un tribunal a condamné deux de ses hauts responsables à 10 et 12 ans de prison respectivement dans une importante affaire de trafic de drogue surnommée "l’Escobar du Sahara".

Le parti de l’Istiqlal est également en lice. Cette formation de droite, dirigée par le ministre de l’Équipement Nizar Baraka, mène une campagne axée sur les questions sociales.

Le Parti de la justice et du développement (PJD), formation islamiste d’opposition, a placé la lutte contre la corruption au cœur de sa campagne.

Le parti conservateur, dirigé par l’ancien Premier ministre Abdelilah Benkirane, a également fait campagne contre l’égalité successorale et la dépénalisation des relations sexuelles consenties hors mariage.

Au Maroc, le roi nomme le Premier ministre au sein du parti arrivé en tête aux élections. Le chef du gouvernement forme ensuite un gouvernement pour un mandat de cinq ans, mais le monarque conserve la maîtrise des grandes orientations politiques.

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