Niger
Des coups de feu ont été entendus dans la nuit près d'une base militaire située à l'aéroport international de Niamey, la capitale du Niger, qui avait déjà été attaquée à deux reprises cette année par des djihadistes, ont déclaré samedi des habitants à l'AFP.
Le Niger est dirigé depuis trois ans par des autorités militaires qui peinent à endiguer la violence djihadiste, qui ravage le pays depuis près d'une décennie.
« Il y a de violents échanges de tirs et des explosions à la Base 101 à Niamey », a déclaré un habitant à l'agence de presse, un témoignage confirmé par plusieurs autres témoins.
Plusieurs publications sur les réseaux sociaux ont également fait état de tirs et d’explosions dans la ville, notamment dans le quartier administratif où se trouvent le palais présidentiel et la chaîne de télévision nationale.
Des vidéos mises en ligne montraient des véhicules blindés déployés pour renforcer la sécurité dans le quartier proche de l’aéroport.
L’origine des tirs reste inconnue, et aucun communiqué officiel n’a encore été publié.
L’aéroport de Niamey a été pris pour cible à deux reprises cette année par des djihadistes, d’abord par l’État islamique au Sahel (EIS) en janvier, puis à nouveau fin juin par leurs rivaux du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), la branche sahelienne d’Al-Qaïda. Ces groupes djihadistes rivaux ne visent pas seulement les civils et les militaires, mais se livrent également une lutte acharnée pour la suprématie au Sahel, et en particulier au Niger.
Vingt assaillants ont été tués et quatre soldats blessés lors de l'attaque de janvier, avaient alors indiqué les autorités. Le général Abdourahamane Tiani, a évoqué en janvier «une faille dans le système» qui «a permis l’attaque», dont «l’objectif était de détruire l’ensemble des capacités aériennes» de l’armée.
En juin, au moins 11 soldats et deux civils ont été tués, ainsi que 22 assaillants, selon le ministère de la Défense. Ces deux attaques ont été repoussées par l’armée. L**’EIS et le JNIM sont également actifs au Burkina Faso et au Mali voisins, deux pays alliés du Niger et dirigés par des juntes militaires qui ont pris le pouvoir à la suite de coups d’État.**
Les trois pays ont quitté la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), ont tourné le dos à leurs partenaires occidentaux traditionnels dans la lutte contre la violence djihadiste, notamment la France, et ont cherché à resserrer leurs liens avec la Russie — sans toutefois parvenir à rétablir la sécurité.
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