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RDC : à Goma, l’épidémie d’Ebola met la vie culturelle à l’arrêt

Le rappeur Clem Cleopatre se produit devant le public à Goma, en République démocratique du Congo, le samedi 28 mars 2026.   -  
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AP Photo

République démocratique du Congo

À Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola porte un nouveau coup à un secteur culturel déjà fragilisé par plusieurs années de conflit.

L’interdiction des rassemblements publics a entraîné la suspension des concerts, festivals et autres manifestations qui rythment habituellement la vie de la ville.

Goma est pourtant l’un des principaux pôles culturels de l’est congolais. Musiciens, rappeurs, danseurs, stylistes et producteurs y participent chaque année à plusieurs rendez-vous, parmi lesquels le Festival Amani, Musika Na Kipaji, le Goma Dance Festival et la Kivu Fashion Week.

Cette dynamique avait déjà été fortement perturbée par la prise de la ville par les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, en 2025. Alors que les activités culturelles commençaient progressivement à reprendre, l’épidémie d’Ebola impose un nouvel arrêt.

Pour les professionnels du secteur, les conséquences dépassent largement l'annulation des spectacles. Le producteur et organisateur culturel Élie Loka rappelle le rôle joué par les événements artistiques auprès d’une population confrontée depuis des années aux violences et aux déplacements.

Selon lui, la culture permet notamment aux habitants de retrouver des moments de détente et de réduire le poids du stress quotidien. La disparition des événements prive donc la population d’un important espace de respiration.

Toute une économie touchée

L’impact est également économique. Autour d’un concert ou d’un festival gravitent de nombreux métiers : danseurs, musiciens, animateurs, techniciens, producteurs, mais aussi hôtels et commerces.

Pour l’analyste culturel Jacques Kyanga, l’interdiction des rassemblements représente donc un manque à gagner qui dépasse le seul secteur artistique. Sans événements, les investisseurs et producteurs disposent également de moins de raisons de financer de nouveaux projets à Goma.

Dans les marchés, les commerçants constatent eux aussi une baisse de l’activité. Phideline Kabuo, vendeuse à Goma, explique que les clients sont moins nombreux depuis le début de l’épidémie et que les ventes ont fortement ralenti.

Une région déjà éprouvée par les conflits

Si Goma ne signale pour l’heure aucun nouveau cas, l’épidémie continue de progresser dans les provinces de l’est de la RDC et met les équipes sanitaires sous pression.

Cette nouvelle crise frappe une région confrontée depuis près de trois décennies aux conflits armés. Des millions de personnes y ont été déplacées, dans un contexte humanitaire particulièrement fragile.

Pour la scène culturelle de Goma, qui tentait de retrouver son dynamisme après les violences de 2025, Ebola représente ainsi un nouveau coup d’arrêt, aux conséquences à la fois sociales, culturelles et économiques.

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