Soudan
L’ancien président soudanais Omar el-Béchir, 82 ans, a été transféré à Khartoum depuis la ville de Merowe, dans le nord du pays, afin d’y recevoir des soins et de subir des examens médicaux, a indiqué jeudi son avocat, Mohamed Al-Hassan Al-Amin, à Reuters.
Selon ce dernier, l’ancien chef de l’État présente des symptômes dont la cause reste indéterminée et qui pourraient nécessiter des examens réalisés avec des équipements indisponibles au Soudan. Sa famille a affirmé mercredi que la nécessité d’un traitement à l’étranger était devenue « critique et urgente », tout en précisant qu’aucune autorisation officielle n’avait encore été délivrée.
L’avocat a également fait état de problèmes récurrents d’hypotension et d’infections, sans préciser davantage l’état de santé de son client. Des responsables soudanais auraient exprimé leur absence d’objection à un éventuel transfert à l’étranger, mais aucune décision officielle n’a été annoncée.
La perspective d’un départ hors du Soudan revêt une dimension judiciaire et politique particulière. Omar el-Béchir est recherché par la Cour pénale internationale, qui l’accuse notamment de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis au Darfour pendant son règne. Il fait également l’objet de procédures judiciaires au Soudan, où il a déjà été condamné pour corruption et financement illicite.
Au pouvoir pendant près de trente ans, de 1989 à 2019, il avait été renversé par l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) après plusieurs mois de manifestations populaires. Ces deux forces, initialement alliées, se sont ensuite affrontées dans la guerre déclenchée en avril 2023, qui a dévasté une grande partie du pays.
Avant la guerre, Béchir avait été détenu dans une prison puis transféré sous garde militaire à Merowe. Selon des sources citées par la presse soudanaise, des responsables islamistes chercheraient depuis plusieurs mois à organiser son transfert à l’étranger. L’Érythrée aurait notamment proposé de l’accueillir, une offre que l’ancien président aurait refusée.
Toute sortie du territoire pourrait toutefois susciter de vives réactions, compte tenu du mandat de la CPI et des procédures judiciaires toujours en cours. À ce stade, les autorités militaires soudanaises n’ont pas officiellement confirmé un projet de transfert à l’étranger.
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