Comores
À Moroni, les robinets sont à sec depuis des mois. Pour s'approvisionner en eau courante, les populations de la capitale font désormais des ''acrobaties''.
C'est désormais une habitude : Kaouthara Bouchrane, 38 ans, fait la queue dès l’aube à l’un des rares points d’eau communaux encore en service dans son quartier, dans l’espoir de remplir gratuitement ses jerricans jaunes.
Elle est abonnée à la SONEDE, la Société nationale des eaux, mais, dans la capitale des Comores, l'eau se fait rare au robinet.
''J'aimerais que nos autorités trouvent une solution aux pénuries d'eau. Si je ne peux pas m'approvisionner ici, je suis obligée d'acheter de l'eau. Avant, un jerrican coûtait 30 centimes, maintenant c'est 50. Comment sommes-nous censés nous en sortir alors que la vie quotidienne est déjà si difficile ?" s'interroge cette mère de quatre enfants.
L'absence d'eau courante affecte cette ville de 150 000 habitants. ''L’eau arrive tous les 15 à 20 jours pendant une heure au maximum, très tard dans la nuit. Nous laissons les robinets ouverts en prévision. Quand l’eau coule, nous nous appelons pour prévenir tout le monde afin de pouvoir remplir tous nos récipients", raconte Ben Joma, habitant de Moroni.
Les pouvoirs publics invoquent la vétusté des infrastructures et la croissance démographique pour justifier le difficile accès à l’eau courante.
''La station de pompage est un peu vétuste ; elle a été créée à la fin des années 70, grâce à un financement de l’Union européenne, puis, depuis les années 70 jusqu’à aujourd’hui, la population a augmenté et les habitudes des gens ont également changé. À Moroni, disons qu’aujourd’hui, selon les données statistiques, il y a environ 150 000 habitants", déclaré Bakri El Yahya, représentant du programme Progeau.
Face aux critiques, la Société nationale des eaux tente de rassurer en promettant de nouvelles infrastructures au niveau du réseau de distribution d'eau.
"Des solutions à court terme ont été mises en place par le nouveau directeur de la société ; celle-ci tente donc de déconnecter les réseaux qui alimentent les secteurs de Moroni et en dehors de Moroni ; nous allons les démêler afin d’essayer d’approvisionner la population ; parallèlement, des projets à moyen terme sont prévus, comme je vous l’ai dit, sur une durée moyenne de 4 ans, et il installera de nouvelles infrastructures adaptées à la population de la capitale et de ses environs", promet Abdillah Mze Al, directeur technique de la société des eaux ''SONEDE''.
Un projet majeur de 17,5 millions d’euros, financé par la Banque mondiale, devait rénover le réseau de distribution d’eau de la capitale.
En attendant, les populations de la capitale comorienne doivent trop souvent se contenter du système D.
01:51
RDC : le manque d’eau complique la lutte contre Ebola à Mongbwalu
01:19
Canicule en Europe : l'ONU alerte sur des vagues de chaleur de plus en plus extrêmes
01:00
Sécheresse en Italie : le Pô atteint des niveaux historiquement bas
02:04
La montée des eaux des lacs rapproche les crocodiles des populations
01:14
El Niño : l'ONU redoute une nouvelle flambée de la faim mondiale
Aller à la video
Éthiopie : un glissement de terrain fait 14 morts dans un monastère