Tchad
Au Tchad, les autorités ont lancé un projet de construction de forages qui améliore l'accès à l'eau. Mais des défis persistent dans les zones rurales.
Les régions désertiques du Tchad restent confrontées à une crise d’accès à l’eau. La ville d'Abéché n’est pas logée à la meilleure des enseignes. Les robinets sont souvent à sec dans la deuxième plus grande ville du pays, en raison de l’urbanisation accélérée et de sa croissance démographique.
Pour tenter d’inverser la tendance, en 2019, le gouvernement tchadien a lancé la construction à Biteha, à 35 kilomètres d’Abéché, de forages qui ont permis d’alimenter deux châteaux d’eau de la ville.
"Ça fait déjà trois ans qu’on n’a pas eu de pénurie accrue. Bien que la solution, pour le moment, ne soit pas définitive. Il faut qu'on le dise, elle n’est pas définitive. Mais quand même, l’impact du projet, au cours de sa réalisation, a changé vraiment d’une manière positive les besoins en eau de la population (de la ville d’Abéché, ndlr)", déclare Bakhit Diki Barkai, ingénieur civil et responsable du projet Biteha 2.
Les autorités tchadiennes vantent le projet Biteha 2, qui permettra d’augmenter la production et, ainsi, de répondre aux besoins des ménages. L'eau coule maintenant des robinets à forte pression, au grand bonheur des habitants de la localité.
"Voilà qu’on a de l’eau à un bon rythme maintenant ; avant, ce n’était pas du tout le cas. Celle qu’on achète à l’extérieur est trop chère, aujourd’hui, c’est tout le quartier qui vient s’approvisionner ici. Avant, c’était difficile d’en trouver dans toute la zone. Lors des périodes de pénurie, tu pouvais ne rien trouver même en marchant sur de longues distances. Mais aujourd’hui, grâce à Dieu, on en a suffisamment, on peut même aider les voisins", raconte Faycal Ismail, habitant d'Abéché.
Les inégalités d’accès à l’eau entre les zones urbaines et rurales restent considérables, engendrant des conflits liés au partage des ressources. En avril, un différend dans la province de Wadi Fira au sujet d’un puits a dégénéré en violents affrontements, faisant 42 morts.
"Effectivement, entre les zones rurales et les zones urbaines, il y a un décalage en termes d’accès à l’eau potable. Mais les zones rurales sont prioritairement prises dans les projets PASER (Projet d’Appui à la Sécurité de l’Eau et de Résilience) qu’on vient de signer ce matin. Donc, c’est vrai, quand on a soif on ne peut pas attendre, mais nous demandons à la population de patienter. D’ici 2030 j’espère que nous allons atteindre les 80% de notre taux (d’accès à l’eau potable au Tchad ndlr)", déclare Nour Saleh Haggar, secrétaire général du ministère tchadien de l'Eau et de l'Énergie.
Pourtant, moins de 10% des foyers tchadiens avaient accès à une eau potable et courante en 2024. Le président Mahamat Idriss Deby Itno a souligné les enjeux lors d’un forum international sur l’eau.
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