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60 000 migrants ont quitté l'Afrique du Sud depuis début juin

Les Forces de défense sud-africaines déployées à Hillbrow, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 30 juin 2026.   -  
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Afrique du Sud

Plus de 38 000 ressortissants malawites ont quitté l’Afrique du Sud en l’espace d’un mois, dans un contexte de tensions croissantes visant les populations étrangères. Le Malawi a annoncé vendredi avoir organisé le retour de 38 094 de ses citoyens entre le 7 juin et le 8 juillet, alors que de nombreux migrants affirment fuir des menaces, des intimidations et des violences liées à une montée des discours anti-immigrés.

Selon le département malawite de gestion des catastrophes, six personnes sont mortes durant ce retour vers leur pays d’origine. Quatre décès sont survenus pendant le trajet et deux après le passage de la frontière malawite. Toutes les victimes étaient déjà malades au moment de leur départ.

« Comme ils étaient pourchassés et contraints de se déplacer régulièrement, ils n’ont pas pu accéder à leurs médicaments ni recevoir les soins nécessaires », a expliqué Wilson Moleni, commissaire du département de gestion des catastrophes. Certains migrants auraient également séjourné dans des camps temporaires en Afrique du Sud, ce qui aurait contribué à aggraver leur état de santé.

Plus de 570 bus ont été mobilisés pour assurer ces retours. La majorité des personnes prises en charge au poste-frontière de Beitbridge, entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, étaient des Malawites. Les autorités frontalières sud-africaines indiquent qu’environ 46 000 personnes ont franchi ce point de passage depuis le 7 juin, parmi lesquelles figuraient également de nombreux Zimbabwéens.

Une crise qui dépasse le Malawi

Le départ des Malawites s’inscrit dans une vague plus large de mouvements de population touchant plusieurs communautés étrangères présentes en Afrique du Sud. Depuis la fin du mois de mai, des ressortissants du Zimbabwe, du Mozambique, du Ghana, du Nigeria, de l’Ouganda et d’autres pays africains ont également quitté le territoire sud-africain.

Les tensions sont alimentées par des groupes qui accusent les migrants, notamment ceux en situation irrégulière, de contribuer au chômage et de peser sur l’accès aux ressources publiques. Ces accusations, régulièrement dénoncées par les autorités et des organisations de défense des droits humains, ont parfois dégénéré en actes d’intimidation et en violences.

La police sud-africaine a indiqué que plusieurs étrangers avaient trouvé la mort lors d’incidents liés à ces troubles, notamment deux ressortissants mozambicains, un Malawien et un Éthiopien.

Environ 60 000 retours et expulsions recensés

Les autorités sud-africaines estiment qu’environ 60 000 personnes auraient quitté le pays depuis le début de cette période de crise, en combinant les retours volontaires, les rapatriements organisés et les expulsions.

Le Zimbabwe a indiqué avoir aidé près de 21 300 de ses ressortissants à rentrer depuis fin mai. L’Ouganda a annoncé le retour d’environ 1 100 citoyens, tandis que plusieurs centaines de Mozambicains et de Kényans auraient également quitté l’Afrique du Sud.

Pour les autorités malawites, l’urgence reste désormais d’accueillir ces milliers de personnes revenues parfois dans des conditions difficiles, après avoir quitté un pays où elles vivaient souvent depuis plusieurs années.

Cette nouvelle crise ravive le débat sur la situation des migrants en Afrique du Sud, pays qui accueille l’une des plus importantes communautés étrangères du continent mais où les tensions économiques et sociales alimentent régulièrement des épisodes de xénophobie.

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