Nigéria
Un nouveau contingent de 269 Nigérians est arrivé mardi à Lagos à bord d'un vol de rapatriement organisé par les autorités, sur fond de montée des manifestations anti-immigration en Afrique du Sud.
Cette opération intervient alors qu'expirait l'ultimatum fixé par plusieurs groupes anti-immigration exigeant le départ des étrangers en situation irrégulière.
À leur arrivée, les rapatriés ont été soumis à des formalités d'enregistrement, de profilage et à un examen médical avant d'être orientés vers un hébergement temporaire et un dispositif d'assistance, en attendant de rejoindre leurs familles.
Parmi eux, de nombreux migrants décrivent un climat devenu intenable. Installée en Afrique du Sud depuis 2017, Emmanuela Kagusu affirme avoir subi des menaces répétées. Selon elle, des habitants leur lançaient régulièrement « Hamba » (« partez » en zoulou), sous peine d'être tués. Sandy Orace, entrepreneur nigérian, raconte quant à lui avoir vu sa boutique pillée il y a neuf ans, puis son domicile saccagé plusieurs années plus tard, des attaques qui l'ont finalement contraint à quitter le pays.
Le directeur des affaires africaines au ministère nigérian des Affaires étrangères, l'ambassadeur Haruna Ali-Gombe, a indiqué que le gouvernement poursuivait ses échanges diplomatiques avec Pretoria afin d'exprimer ses préoccupations concernant la sécurité des ressortissants nigérians, tout en rappelant que les faits se déroulent hors de la juridiction du Nigeria.
Cette opération intervient après le rapatriement de 258 Nigérians le 11 juin. Elle coïncide avec une recrudescence des mobilisations contre l'immigration irrégulière en Afrique du Sud. Mardi, des milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs régions du pays, dans ce qui constitue la plus importante vague de protestations sur cette question depuis les violences xénophobes de 2008. Les organisateurs accusent les migrants sans papiers de favoriser le chômage, la criminalité et la saturation des services publics. Le gouvernement sud-africain a toutefois rejeté l'ultimatum lancé par ces groupes, rappelant que seules les autorités de l'État sont compétentes pour faire appliquer la législation sur l'immigration.
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