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Mali : le Premier ministre appelle à "ne pas céder à la panique"

Le vice-Premier ministre du Mali, Abdoulaye Maiga, prend la parole lors de la 79e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le samedi 28 septembre 2024.   -  
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Mali

Des djihadistes et des séparatistes touaregs alliés au Mali se sont emparés de la ville clé de Kidal, dans le nord du pays, à la suite d'attaques coordonnées contre des positions stratégiques de la junte, ont indiqué lundi des sources locales.

Deux jours de combats acharnés entre l'armée et les djihadistes alliés aux Touaregs ont soulevé des questions quant à l'avenir de la junte militaire au pouvoir dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, qui connaît plus d'une décennie de violence.

Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué, tandis que le général Assimi Goïta, chef de la junte militaire qui a pris le pouvoir à la suite du coup d'État de 2020, n'est pas apparu ni ne s'est exprimé publiquement depuis le début des combats ce week-end.

Plusieurs villes et zones stratégiques situées aux alentours de la capitale, Bamako, ont été prises pour cible samedi lors d'une offensive menée à l'aube par les rebelles touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), un groupe djihadiste lié à Al-Qaïda.

Selon les analystes, ces dernières attaques constituent le défi le plus grave auquel l'État malien ait été confronté depuis l'offensive de mars 2012, qui avait été repoussée par les forces de l'ancienne puissance coloniale, la France, lesquelles ont depuis quitté ce vaste pays du Sahel.

« L'objectif de l'ennemi était de s'emparer du pouvoir en démantelant les institutions de l'État », a déclaré le Premier ministre Abdoulaye Maiga lors d'une conférence de presse diffusée par la chaîne publique ORTM.

Il a déclaré que des leçons seraient tirées afin d'améliorer la sécurité et a exhorté la population à ne pas céder à la panique.

Ni les djihadistes ni les séparatistes touaregs n'ont déclaré vouloir prendre le pouvoir.

Ils ont, au contraire, pris le contrôle de Kidal, ce qui constitue un coup dur pour la junte militaire malienne.

« Ce sont les djihadistes et le FLA qui se trouvent à Kidal », a déclaré lundi à l'AFP une source proche du gouverneur. « Nous avons quitté Kidal. Nous ne sommes plus là-bas. »

Des habitants ont confirmé à l'AFP avoir vu des soldats maliens et les mercenaires russes qui les soutiennent quitter la ville.

Deux fortes détonations ont été entendues lundi soir près de la zone de l'aéroport, à la périphérie de Bamako, a indiqué un journaliste de l'AFP.

Il n'a pas été possible de confirmer immédiatement la nature des explosions, qui se sont produites peu après qu'un convoi composé de pick-up et de camions de transport de troupes a été aperçu fonçant vers l'aéroport.

Présence militaire

Ce week-end, le FLA, un groupe séparatiste touareg revendiquant le territoire de l'Azawad dans le nord du Mali, a déclaré exercer un contrôle « total » sur Kidal.

Kidal, bastion indépendantiste, a été contrôlée par des groupes rebelles pendant des années avant d'être reprise en novembre 2023 lors d'une offensive de l'armée soutenue par le groupe de mercenaires russe Wagner.

Le chef d'état-major de l'armée a déclaré dimanche à l'ORTM que l'armée prévoyait désormais un « redéploiement » vers Anefis, à 100 kilomètres (60 miles) de Kidal.

Un calme fragile régnait lundi matin à Bamako et à Kati, ville de garnison et bastion de la junte située à environ 15 kilomètres plus au nord.

Les écoles et les bureaux étaient ouverts à Bamako, et les barrages routiers autour de l'aéroport ainsi que ceux situés près de la capitale et de Kati avaient été levés.

Des soldats lourdement armés étaient toujours présents et les seuls appareils à entrer ou à sortir de l'aéroport étaient des avions militaires.

Le Mali "en danger"

Le gouvernement militaire a décrété deux jours de deuil national en hommage à Camara, ministre de la Défense âgé de 47 ans et figure clé de la junte.

Il est décédé samedi lors d'un attentat à la voiture piégée perpétré contre son domicile à Kati, aux côtés de sa deuxième épouse, de deux de ses petits-enfants, ainsi que de membres de sa famille, ont indiqué sa famille et un responsable.

Une source malienne proche des services de sécurité a déclaré à l'AFP que le chef de la junte, Goita, se trouvait en lieu sûr.

Après avoir pris le pouvoir, Goita s'était engagé à lutter contre les djihadistes et avait initialement promis un retour à un régime civil au Mali, pays riche en or et autres minerais précieux.

Les attentats du week-end constituent à ce jour le défi le plus sérieux auquel son leadership ait été confronté.

Il s'agit également de la crise sécuritaire la plus grave que le pays ait connue depuis 2012, année où les séparatistes touaregs avaient pris le contrôle de Kidal, ainsi que des villes de Gao et de Tombouctou, avant d'être chassés lorsque leurs anciens alliés djihadistes se sont retournés contre eux.

Dans le seul bilan communiqué à ce jour concernant ces attaques, la junte a déclaré samedi que 16 civils et militaires avaient été blessés et que les dégâts matériels étaient « limités ».

Ce chiffre n'a pas été actualisé et, compte tenu de l'intensité des combats, on craint que le bilan ne soit plus lourd.

L'armée a déclaré avoir tué plus de 200 « terroristes dans toutes les zones attaquées ». Mais la Coalition des forces pour la République, qui regroupe l'opposition, a déclaré que le Mali était « en danger ». La junte avait « promis aux Maliens la sécurité, la stabilité et le retour de l'État », mais après l'offensive du week-end, personne ne pouvait sérieusement affirmer que le pays était pacifié ou en sécurité, a-t-elle ajouté.

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